D. M

Depuis les premières heures du matin, Hanan Gnaoui s’active dans une vaste cuisine où flottent les odeurs de harira, de tajine aux olives et de plats traditionnels. Chaque geste est précis, chaque marmite remuée avec soin. Mais Hanan ne cuisine pas pour un salaire : elle le fait par volontariat, par amour du partage.

« Cuisiner pour moi n’est pas seulement préparer des repas, c’est offrir de l’amour et de la compassion », confie-t-elle. Mère de quatre enfants, elle consacre chaque jour plusieurs heures au restaurant de l’association Machaal El Kheir, pour nourrir plus de deux cents personnes à l’approche de l’iftar.

La cuisine comme mission humanitaire

Hanan n’est pas cheffe professionnelle, mais son expérience du quotidien familial lui a donné un savoir-faire précieux. Dans la cuisine, elle supervise tout : découpe des légumes, contrôle des saveurs, répartition des portions. Son rôle fait d’elle une pièce maîtresse de l’équipe de bénévoles.

Chaque jour, le restaurant accueille travailleurs modestes, passants et familles démunies. Quelques minutes avant l’appel du Maghreb, les barquettes sont alignées, prêtes à être distribuées. « Voir les gens prendre leur repas et savoir que nous avons pu leur apporter un peu de joie efface toute la fatigue de la journée », confie Hanan.

Entre devoir maternel et engagement citoyen

Malgré son engagement, Hanan n’oublie jamais ses enfants. Après plusieurs heures de bénévolat, elle rentre pour préparer leur iftar et s’occuper d’eux. « Mes enfants savent que je cuisine pour les personnes dans le besoin. Parfois, ils m’aident et m’attendent avec fierté. Cela me donne encore plus de force », raconte-t-elle.

Derrière cette générosité se cache aussi un rêve personnel : ouvrir son propre restaurant, source de revenus et espace de partage. « Je veux que mon restaurant reste un lieu d’humanité. En Ramadan, il sera entièrement dédié au restaurant de la miséricorde », explique-t-elle.

Une femme au cœur immense

Pour les bénévoles, Hanan est « le cœur battant de la cuisine » et sa bonne humeur rend les longues heures plus légères. Mais elle reste humble et se contente de dire qu’elle fait simplement son devoir.

Chaque jour de Ramadan, elle revient à la cuisine, allume le feu sous les marmites et entame un nouveau cycle d’altruisme. Une femme simple, mais au cœur capable d’accueillir et de nourrir des centaines de jeûneurs, offrant plus qu’un repas : un vrai geste de solidarité et d’humanité.