Wassila. B
Le Salon national de l’industrie et de l’artisanat traditionnels a ouvert ses portes, ce dimanche, sur la place de la Liberté à Blida. L’ouverture de ce Salon s’est faite en présence de représentants du secteur, dont le directeur central au ministère chargé de l’artisanat, Azzedine Kali, et le directeur général de la Chambre nationale de l’industrie et de l’artisanat traditionnels, Abdelkrim Berki.
Prévu du 29 mars au 1er avril 2026, ce Salon s’inscrit dans une dynamique nationale visant à promouvoir le patrimoine culturel et artisanal algérien, tout en offrant aux artisans des espaces d’exposition et de commercialisation. Plus de 80 artisans, issus de 30 wilayas, prennent part à cette manifestation. Ils y exposent une large palette de produits relevant de différents domaines, notamment l’artisanat artistique, productif et alimentaire. Pour Azzedine Kali, cette diversité illustre la vitalité du secteur, mais aussi l’attachement du public à ces métiers ancestraux.
L’affluence enregistrée dès l’ouverture témoigne, selon lui, de l’intérêt constant des citoyens pour ces expressions culturelles, d’autant plus que l’événement coïncide avec les vacances de printemps. Au-delà de la dimension promotionnelle, ce Salon s’inscrit dans un programme plus large piloté par le ministère du Tourisme. Chaque année, plus de quinze salons spécialisés sont organisés à travers le pays, couvrant des filières variées telles que la céramique, le travail de la laine, du cuir, la menuiserie, la dinanderie ou encore le textile.
De son côté, Abdelkrim Berki a souligné que ces manifestations constituent également un tremplin vers l’international. Et de relever que les participations à des salons organisés récemment en Afrique et dans le monde arabe, notamment au Togo, à Oman, en Syrie et en Tunisie, permettent aux artisans algériens de faire connaître leurs produits au-delà des frontières et d’explorer de nouveaux débouchés. Le responsable a également mis en avant le poids économique du secteur, qui compte près de 740 000 artisans inscrits sur la plateforme numérique nationale, générant plus de 1,4 million d’emplois.
Selon les estimations, l’artisanat traditionnel pourrait contribuer à hauteur de plus de 400 milliards de dinars au revenu national en 2026. Un potentiel que les pouvoirs publics entendent consolider à travers la formation, l’accompagnement et la structuration du secteur. Dans cette optique, le directeur de la Chambre de l’artisanat et des métiers de la wilaya de Blida, Saadi Ait Zerrouk, a insisté sur les efforts engagés localement pour préserver les métiers menacés de disparition. Des programmes de formation sont ainsi proposés tout au long de l’année, avec pour objectif de transmettre les savoir-faire et d’encourager la création de micro-entreprises.
Exposition en ligne
La numérisation constitue également un levier central dans cette stratégie. Une plateforme dédiée permet désormais aux artisans d’exposer leurs produits en ligne et d’élargir leur visibilité. «Cet espace virtuel offre aux artisans une vitrine moderne pour valoriser leurs créations et attirer une nouvelle clientèle», a-t-il expliqué, soulignant que cette démarche contribue à stimuler l’innovation et à renforcer la compétitivité du secteur. À noter que la wilaya de Blida recense plus de 13 000 artisans, répartis entre artisans fabricants et artisans traditionnels, témoignant de l’ancrage profond de ces métiers dans le tissu socio-économique local.
Lors de ce Salon, les artisans ont présenté une collection riche et diversifiée de produits traditionnels reflétant l’essence du patrimoine algérien : vêtements traditionnels, broderies, tissages, articles en cuir, cosmétiques, objets en cuivre, confitures, confiseries, eaux de rose et de fleurs distillées, peintures et décorations, parfums, bougies, savons artisanaux, miel et ses dérivés, ainsi que d’autres produits tels que les dattes, les olives et leurs dérivés. À travers ce salon, c’est donc tout un pan du patrimoine national qui se dévoile, entre tradition et modernité, avec l’ambition de transmettre un héritage précieux aux générations futures tout en l’inscrivant dans une dynamique économique durable.




