R. L
À l’Université d’Oran 2, le 16 avril 2026, un colloque national a été consacré à la question de l’accompagnement de l’enfant orphelin en milieu scolaire. Organisée par le laboratoire de recherche en psychologie et sciences de l’éducation, en coordination avec le laboratoire des droits de l’enfant, cette rencontre s’est tenue à la bibliothèque de la faculté des sciences sociales, en présence de chercheurs et de spécialistes des sciences humaines et sociales.
Dès l’ouverture des travaux, les organisateurs ont insisté sur la nécessité d’une lecture globale des situations de vulnérabilité infantile. Le doyen de la faculté a rappelé que l’enfant orphelin scolarisé ne peut être appréhendé uniquement à travers une grille éducative classique, mais doit être considéré dans toute la complexité de son vécu psychologique, social et institutionnel.
Les interventions ont mis en évidence que le statut d’orphelin ne se limite pas à une perte familiale, mais constitue une expérience structurante qui influence profondément la construction de la personnalité et les trajectoires de développement. L’école, dans ce contexte, apparaît comme un espace ambivalent, pouvant jouer un rôle protecteur tout en exposant l’enfant à de nouvelles formes de fragilité.
Les participants ont relevé plusieurs difficultés récurrentes, notamment une fragilité de l’estime de soi, des besoins affectifs renforcés et des obstacles dans l’intégration au sein du groupe scolaire. Ces éléments sont souvent amplifiés par des dynamiques relationnelles implicites, telles que la stigmatisation ou certaines attitudes de surprotection, susceptibles d’accentuer le sentiment de différence.
Face à ces constats, les chercheurs ont plaidé pour des approches intégrées, combinant accompagnement psychologique, soutien pédagogique et encadrement juridique. L’enjeu est de dépasser les interventions ponctuelles pour construire des dispositifs cohérents, capables de soutenir durablement le développement de l’enfant.
Les discussions ont également mis en lumière le rôle essentiel des acteurs éducatifs. L’enseignant est appelé à contribuer à la création d’un climat scolaire inclusif, tandis que les psychologues et travailleurs sociaux sont identifiés comme des acteurs clés dans le suivi et la prise en charge des situations de vulnérabilité.
Plusieurs expériences de terrain ont été présentées, montrant que les dispositifs interdisciplinaires permettent d’améliorer significativement le parcours scolaire et le bien-être des enfants concernés, lorsqu’ils sont correctement coordonnés et inscrits dans la durée.
Au terme des travaux, les participants ont souligné la nécessité de repenser la prise en charge de l’enfant orphelin dans une perspective systémique, fondée sur l’équité, la protection et l’inclusion.
