Wassila. B
Le port d’Annaba est relié au chantier ferroviaire dans le cadre du projet de phosphate intégré en Algérie. Les travaux d’extension du port d’Annaba avancent actuellement de pair avec le lancement des travaux de raccordement ferroviaire, tout aussi essentiels à la concrétisation de l’ensemble du projet. Ces travaux s’inscrivent dans le grand projet de phosphate intégré (PPI), initié pour relier l’extraction minière, la transformation industrielle et l’exportation à travers une chaîne logistique continue allant des gisements de l’Est jusqu’aux marchés internationaux. C’est ainsi que le port d’Annaba doit devenir le principal débouché maritime du phosphate, à condition d’être efficacement relié au réseau ferroviaire.
Le directeur de projet à l’Agence nationale de réalisation des infrastructures portuaires (ANRIP), Mehdi Younsi, a affirmé que l’extension du port comprend la réalisation d’un nouveau quai minéralier de 1.600 mètres, ainsi que des travaux de dragage destinés à porter les fonds à 16 mètres, afin de permettre l’accostage de navires d’une capacité pouvant atteindre 80.000 tonnes.
Il indique dans le dernier état des lieux rendu public par l’ANESRIF que « cet équipement constitue un maillon central du PPI, dans la mesure où il doit donner au dispositif national d’exportation une capacité portuaire adaptée aux ambitions industrielles du projet ». Mais l’intérêt de cette extension portuaire ne réside pas uniquement dans ses dimensions physiques ou dans ses performances nautiques. Younsi souligne que « la véritable valeur du nouveau quai minéralier dépend de son articulation avec le réseau ferré, autrement dit, un quai modernisé, profond et dimensionné pour de gros tonnages avec un raccordement ferroviaire capable d’assurer un acheminement massif, régulier et sécurisé du phosphate jusqu’au port ».
C’est cette interdépendance entre l’ouvrage portuaire et la desserte ferroviaire qui fait du raccordement en cours une composante décisive du projet. Sur ce volet, Sofiane Aichaoui, directeur de projet à l’ANESRIF précise que les travaux de raccordement du nouveau quai minéralier s’inscrivent dans le cadre du tronçon nord de la ligne minière Est, reliant Annaba à Bouchegouf sur 54 kilomètres.
Ce programme ne se limite pas à une simple connexion terminale vers le port, puisqu’il comprend également le doublement des voies, la modernisation de l’infrastructure existante et plusieurs rectifications de tracé destinées à améliorer à la fois la vitesse de circulation et la capacité de transport sur cet axe. Inscrit dans une ligne minière orientale de 422 kilomètres, ce tronçon doit relier le port d’Annaba aux grands flux issus du projet phosphatier, rappelle-t-il.
Synergie avec la SNTF
Le responsable insiste également sur les contraintes spécifiques de la première section, longue de 14 kilomètres, entre le port d’Annaba et la gare de Chebaita Mokhtar. Selon lui, cette portion se développe dans un environnement particulièrement dense, marqué à la fois par l’urbanisation et par la présence d’un réseau ferroviaire déjà en exploitation, parcouru quotidiennement par des trains de voyageurs et de marchandises. Dans ces conditions, la difficulté ne tient pas seulement à la technicité du chantier, mais à l’obligation de réaliser les travaux au contact immédiat d’installations en service, sans perturber outre mesure la circulation ni compromettre les exigences de sécurité.
Le phasage du chantier répond précisément à cette contrainte. Selon les explications fournies par l’Anes-rif, les travaux avancent selon une répartition des travaux minutieusement préparée, à savoir la réalisation d’abord des voies de doublement, le transfert ensuite de la circulation ferroviaire vers les nouvelles emprises, puis lancement des opérations de modernisation sur les voies existantes. Cette méthode permet de maintenir le trafic tout en libérant progressivement les zones nécessaires aux interventions lourdes. « Elle suppose toutefois une coordination constante avec la SNTF, afin d’organiser les circulations, les basculements et les mesures de protection du chantier », relève l’Agence.




