M.S
La direction de la Culture et des Arts de la wilaya de Mila a officialisé l’inscription de cinq sites patrimoniaux à l’inventaire supplémentaire des biens culturels protégés. Cette décision, validée dimanche par la commission wilaya, garantit leur sauvegarde légale et ouvre la voie à des travaux de mise en valeur et de restauration.
Le chef du service du patrimoine, Lazghad Chiaba, détaille les nouveaux protégés : le mausolée de Picatus à Aïn Melouk (époque romaine), le moulin à grains de Sennaoua à Mila – lieu historique de réunions clandestines des chefs de la Révolution algérienne (Abdelhafid Boussouf, Didouche Mourad, Zighoud Youcef et Lakhdar Bentobbal) –, le centre de torture d’Oued N’dja (utilisé par le 2e Bureau français pour interrogatoires et exactions), le site archéologique d’Aïn Lebled à Teleghma (puits et vestiges romains en pierres taillées), et la grotte Ghar E’Zemma à Oued Athmania, ornée d’inscriptions et gravures anciennes sur ses parois. Ces biens, d’une « importance archéologique et historique certaine », témoignent des strates du passé local, de l’Antiquité romaine aux crimes coloniaux. Des dossiers exhaustifs, préparés par les services de la direction, ont permis cette inscription après expertise. Ces cinq sites s’ajoutent à 23 autres protégés, portant le total à 28 dans une wilaya recensant plus de 400 vestiges potentiels. Cette mesure ouvre des financements pour la consolidation architecturale, l’aménagement touristique (sentiers, signalétique), les fouilles archéologiques et la création de circuits pédagogiques. De l’ancienne Milev romaine aux lieux de mémoire de l’indépendance, Mila se positionne comme destination patrimoniale majeure de l’Est algérien.




