Près de 7,8 millions de personnes au Soudan du Sud, la moitié de la population, font face à une insécurité alimentaire aiguë, tandis que 2,2 millions d’enfants souffrent de malnutrition aiguë, dont près de 700.000nt risquent une forme grave « potentiellement mortelle », d’ici la fin du mois de juillet, ont averti mardi soir les agences des Nations Unies. Selon la dernière analyse de la Classification intégrée de la sécurité alimentaire (IPC), il s’agit de l’un des niveaux d’insécurité alimentaire aiguë les plus élevés au monde à l’heure actuelle. Par ailleurs, 2,5 millions de personnes se trouvent en situation d’urgence (phase 4 de l’IPC) et 5,3 millions en situation de crise (phase 3).
« Depuis le début de l’année, nous avons constaté une recrudescence significative des conflits dans les Etats de Jonglei et du Haut-Nil, ainsi que des blocages répétés qui entravent nos tentatives d’accéder aux populations de ces régions », a déclaré Ross Smith, Directeur des urgences du Programme alimentaire mondial (PAM).
Parmi les personnes qui devraient être en situation d’insécurité alimentaire aiguë, 73.300 sont confrontées à une situation de catastrophe (phase 5 de l’IPC), le niveau le plus grave d’insécurité alimentaire aiguë. Cela représente une « hausse spectaculaire de 160 % » par rapport à la dernière estimation des Nations unies. Les agences onusiennes mettent en garde également contre un risque crédible de famine dans quatre comtés des Etats du Haut-Nil et de Jonglei. Les communautés touchées par le conflit ont été coupées de l’approvisionnement alimentaire, des marchés et des services essentiels, dans un scénario catastrophe marqué par l’escalade du conflit, de nouveaux déplacements de population et un accès humanitaire restreint. Le rapport prévoit que 11 comtés des Etats du Haut-Nil, d’Unity et de Jonglei seront confrontés à une situation de malnutrition aiguë de niveau 5 (extrêmement critique).
Chez les enfants, la situation nutritionnelle n’a cessé de se détériorer. A l’heure actuelle, 2,2 millions d’enfants âgés de 6 mois à 5 ans souffrent de malnutrition aiguë, soit une augmentation de 100.000 cas par rapport à il ya six mois. D’ici la fin du mois de juillet de cette année, on estime que 700.000 enfants seront touchés par la malnutrition sévère sévère, la forme la plus mortelle. « Nous assistons à une spirale mortelle. Chaque jour de retard dans l’accès humanitaire et la livraison de l’aide est un jour où la vie et l’avenir d’un enfant sont en jeu », a mis en garde Lucia Elmi, Directrice des opérations d’urgence du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF). La malnutrition aiguë est exacerbée par le manque d’accès aux services de santé et de nutrition, les établissements ayant été endommagés ou fermés en raison du conflit.
Face à l’ampleur de la crise, les agences humanitaires appellent à une mobilisation urgente pour éviter une aggravation irréversible de la situation. « Un financement soutenu pour l’aide alimentaire, les programmes nutritionnels, l’eau potable et l’assainissement, ainsi que les services de santé, est essentiel pour empêcher une nouvelle détérioration de la situation », ont insisté les agences, pertinentes que « sans une intervention rapide et à grande échelle, la population du Soudan du Sud risque de se faire face à une catastrophe humanitaire irréversible ».




