L’Algérie produit son plus haut niveau de pétrole depuis 3 ans

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Wassila. B

C’est un signal fort que vient d’envoyer l’Algérie sur la scène énergétique mondiale. En atteignant 982.000 barils par jour en avril dernier, soit son plus haut niveau depuis trois ans, l’Algérie tourne résolument une page de la discipline volontaire imposée par l’Opep+. Cette hausse, bien que modeste en apparence (9.000 barils supplémentaires par rapport à mars), revêt une portée stratégique considérable.

Car derrière ces chiffres se dessine une nouvelle donne géopolitique. La décision du groupe des sept pays au sein de l’Opep+ de mettre fin progressivement aux réductions volontaires de production n’est pas anodine. Elle intervient dans un contexte régional explosif, où la guerre en Iran perturbe gravement l’offre des pays du Golfe. L’Arabie saoudite, le Koweït et l’Irak voient leur production chuter tandis que l’Algérie, elle, accélère. Ce déplacement des équilibres profite à notre pays.

Il faut saluer ici la sagesse de la stratégie algérienne. Alors que certains de nos partenaires subissent les contrecoups directs des conflits régionaux, l’Algérie, stable et maîtresse de ses installations énergétiques, peut non seulement maintenir mais augmenter sa production. Cette résilience est un atout majeur. Le ministère des Hydrocarbures l’a bien compris, qui annonce déjà une nouvelle hausse de 6.000 barils par jour pour le mois de juin, portant la production nationale à 989.000 b/j.

Mais il convient de garder la tête froide. Cette embellie ne doit pas masquer les défis structurels qui restent à relever. D’abord, la production actuelle reste encore inférieure au pic d’avril 2023 où l’Algérie avait atteint 1,01 million de barils par jour. Ensuite, la volatilité des prix du brut, toujours soumise aux humeurs du marché et aux tensions géopolitiques, rappelle que la quantité ne fait pas tout. La valeur, elle, dépend d’un équilibre mondial fragile.

L’autre enseignement de cette période est politique. En accélérant le rythme de suppression des réductions volontaires (206.000 barils par jour en mai, 188.000 en juin pour le groupe des sept) les pays de l’Opep+ envoient un message clair aux marchés : nous ne resterons pas les bras croisés face aux désordres régionaux. L’Algérie, membre influent de ce club restreint, joue pleinement son rôle.

Reste une question essentielle : cette hausse sera-t-elle durable ? Les plans actuels le laissent espérer. La production devrait continuer de croître en mai et juin, conformément au calendrier établi. Mais tout dépendra de l’évolution de la situation au Moyen-Orient. Une escalade militaire pourrait à nouveau bouleverser les calculs.

En attendant, l’Algérie peut légitimement afficher sa satisfaction. Augmenter sa production dans un environnement aussi instable est une performance. C’est aussi une démonstration de sa crédibilité sur l’échiquier énergétique mondial. Reste à transformer cette dynamique en levier de développement pour l’économie nationale, au-delà des seuls barils. Car le véritable enjeu n’est pas seulement de produire plus, mais de mieux valoriser chaque goutte d’or noir par la pétrochimie et d’autres créneaux vertueux.