Meriem B
L’Établissement hospitalo-universitaire, 1er Novembre 1954 d’Oran a abrité, ce samedi, les travaux de la deuxième édition de la journée de formation médicale continue consacrée à « l’appareillage, la robotique et les technologies innovantes », organisée par le service de médecine physique et de réadaptation fonctionnelle sous la direction du Pr Halima Zerrouka. Cette masterclass scientifique, tenue en coordination avec le laboratoire de recherche « Systèmes d’information en santé », a réuni praticiens, chercheurs, orthoprothésistes et spécialistes de la rééducation autour des profondes mutations technologiques qui redéfinissent aujourd’hui la prise en charge fonctionnelle des patients.
À travers cette rencontre, les organisateurs ont voulu ouvrir un espace d’échange sur les nouvelles solutions thérapeutiques intégrant l’intelligence artificielle, les systèmes robotisés, les prothèses intelligentes et les dispositifs innovants destinés à améliorer l’autonomie et la qualité de vie des patients souffrant de handicaps moteurs ou de séquelles neurologiques.
Dans son allocution, le Pr Halima Zerrouka, organisatrice de cette deuxième édition et chef du service de médecine physique et de réadaptation à l’EHU d’Oran, a souligné que l’appareillage constitue désormais « un pilier essentiel » dans le parcours de rééducation fonctionnelle. Elle a insisté sur la nécessité de rapprocher les différents acteurs intervenant dans ce domaine, notamment les médecins prescripteurs, les kinésithérapeutes, les ergothérapeutes, les orthoprothésistes et les ingénieurs spécialisés dans les technologies innovantes.
Pour la spécialiste, l’évolution actuelle ne se limite plus à un appareillage purement mécanique. Les nouvelles générations de dispositifs médicaux intègrent désormais des solutions intelligentes capables d’accompagner plus efficacement le patient dans la récupération de son autonomie. Elle a également mis en avant l’importance de la formation continue face à l’accélération des innovations technologiques dans le domaine de la réadaptation.
Les différentes communications scientifiques ont permis d’aborder plusieurs thématiques liées à l’évolution de l’appareillage en Algérie, aux prothèses des membres inférieurs, aux orthèses plantaires, aux fauteuils roulants intelligents ainsi qu’aux avancées de la robotique appliquée à la rééducation fonctionnelle.
Vers une rééducation augmentée par la robotique et l’intelligence artificielle
Parmi les interventions marquantes figure celle du professeur Zouhir Boukara, chef du service de médecine physique et de réadaptation du CHU de Blida et président de la Société algérienne de médecine physique et de réadaptation (SAMER), qui a mis l’accent sur les défis croissants posés par les accidents vasculaires cérébraux en Algérie.
Le spécialiste a révélé que près de 80.000 nouveaux cas d’AVC sont enregistrés chaque année à l’échelle nationale, estimant que la majorité de ces patients nécessitent une prise en charge lourde en rééducation fonctionnelle. Selon lui, les approches conventionnelles montrent aujourd’hui leurs limites face à l’ampleur des besoins, d’où la nécessité d’introduire des méthodes innovantes basées sur la robotique, les interfaces cerveau-machine et la réalité virtuelle afin de stimuler la récupération neurologique et motrice des patients.
Il a souligné que ces technologies ouvrent la voie à une « rééducation augmentée et personnalisée », tout en reconnaissant les défis financiers et organisationnels que représente leur généralisation dans les structures de santé algériennes.
Cette deuxième édition a également permis de mettre en lumière les difficultés liées aux délais d’accès aux appareillages et aux prothèses, notamment pour les patients issus des régions éloignées ou ne disposant pas encore d’une couverture sociale complète. Dans ce contexte, le Pr Halima Zerrouka a plaidé pour la création d’une unité d’appareillage intégrée au sein même de l’EHU d’Oran.
Un tel projet permettrait, selon elle, d’assurer sur place la fabrication de certains dispositifs orthopédiques et d’accompagner les patients durant toute la phase de rééducation, sans interruption liée aux délais administratifs ou techniques. Une démarche qui vise également à réduire les temps de prise en charge et à améliorer les chances de récupération fonctionnelle des malades.
À travers cette initiative scientifique, l’EHU d’Oran confirme sa volonté de s’inscrire dans une dynamique de modernisation de la médecine physique et de réadaptation, en plaçant l’innovation technologique et l’approche multidisciplinaire au cœur de la prise en charge des patients.




