Á 16 ans, Manar est une fierté pour l’Algérie

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Wassila. B

Il est des rencontres qui réchauffent le cœur, redonnent espoir dans l’école de la République et rappellent que le génie ne connaît ni frontières ni âge. Au ministère de l’Éducation nationale, Mohammed Seghir Sadaoui a honoré Manar Ben Mastoura, seize ans, élève de seconde au lycée Mohamed-Boudiaf de Tiaret. Motif ? Sa démonstration éblouissante lors du concours international télévisé de calcul mental Hectoc, en Russie.

Dix équations complexes résolues avec deux minutes d’avance. Un chronomètre impitoyable. Un jury sous le charme. Et voilà que la jeune fille, que ses camarades surnomment affectueusement « Casio », répond avec humour : « Moi, je n’en utilise jamais. »

L’anecdote est charmante. Elle révèle surtout une vérité profonde : Manar est une surdouée, mais aussi une adolescente simple, qui fait la vaisselle avec sa maman tout en ruminant des équations. Loin des réseaux sociaux, elle consacre ses vacances aux maths, entre quatre et dix heures par jour, et rêve de cybersécurité après le bac.

Pourtant, derrière l’éclat médiatique de cette reconnaissance ministérielle, une question demeure : combien de Manar restent invisibles, faute de détection précoce et de structures adaptées ? Dans un pays où l’école publique offre de grands moyens, l’exploit individuel est le fruit d’une refonte profonde des filières d’excellence. La génie de Tiaret a eu la chance d’être repérée, encouragée. Mais chaque élève brillant bénéficie du même regard bienveillant et des mêmes passerelles vers l’excellence.

Le ministre a eu raison de saluer « l’illustration des capacités des élèves algériens à briller dans les manifestations internationales ». Mais cet exploit n’est pas seulement une simple fierté médiatique. Il appelle une politique ambitieuse : repérer, former et accompagner systématiquement ces talents rares. Le secteur annonce des mécanismes structurés de sélection et des parcours spécialisés. Tant mieux. Manar incarne aussi une autre leçon, plus intime : celle de la passion silencieuse qui grandit loin des projecteurs. Elle avoue réfléchir à des équations… en faisant la vaisselle. Elle dort avec des chiffres, se lève avec des défis. Cette obsession joyeuse est un rappel que les génies ne se décrètent pas : ils s’épanouissent quand on leur laisse le temps, l’espace et la liberté d’innover. Son nœud papillon dans les cheveux, son rire modeste et sa détermination sans faille sont peut-être la plus belle des leçons pour une jeunesse souvent trop pressée. Férue de calcul mental et d’échecs, elle consacre entre 4 et 10 heures par jour aux maths pendant ses vacances, loin des réseaux sociaux. Son objectif : après le bac, se lancer dans l’informatique et la cybersécurité.  Manar Ben Mastoura, c’est la preuve que les génies aussi ont un cœur simple, un nœud papillon dans les cheveux et une détermination sans limite. Manar Ben Mastoura n’est pas un accident. Elle est la preuve que l’Algérie regorge de pépites. À nous de leur offrir un terreau à la hauteur de leur lumière. Bravo, Manar. Et merci de nous rappeler que l’excellence n’a pas d’âge… ni de limites.