Meriem B
L’Université des sciences et de la technologie d’Oran Mohamed-Boudiaf accueille, les 12 et 13 mai, un colloque national consacré à « l’intelligence artificielle et la numérisation du secteur sportif en Algérie : vers une stratégie d’innovation et de transformation numérique ». Une rencontre scientifique qui intervient dans un contexte marqué par l’accélération de la transition numérique au sein des universités et des institutions publiques, avec l’ambition affichée d’intégrer les nouvelles technologies au développement du sport national.
Un pont entre recherche, sport et intelligence artificielle
Portée par l’Institut de l’éducation physique et sportive et le laboratoire de l’activité physique et sportive de l’enfant et de l’adolescent, cette manifestation réunit chercheurs, universitaires, spécialistes des sciences des données, experts en intelligence artificielle, acteurs du mouvement sportif, innovateurs et étudiants autour d’une même réflexion : comment faire de l’IA un levier de modernisation de la gouvernance sportive en Algérie.
Pour le professeur Boufaden Othmane, président du colloque et enseignant à l’Institut de l’éducation physique et sportive, cette rencontre se veut avant tout « une première pierre » dans la construction d’un véritable écosystème national dédié à la technologie sportive. L’objectif affiché est de créer des passerelles entre les laboratoires universitaires, les chercheurs en data science et les professionnels du sport afin d’accompagner la transformation numérique du secteur dans ses différentes composantes : médecine sportive, entraînement, arbitrage, pédagogie et gestion.
Les organisateurs insistent également sur la nécessité d’encourager l’innovation et de promouvoir la culture numérique dans un domaine encore peu investi par les spécialistes des technologies avancées. Selon les intervenants, le secteur sportif représente aujourd’hui un vaste champ d’expérimentation pour les sciences des données, aussi bien dans le sport de haut niveau que dans le sport scolaire et amateur.
Des données au cœur de la révolution numérique du sport
Le professeur Radouane Tlemsani, directeur du laboratoire des données avancées et applications cognitives à l’USTO et vice-recteur chargé des relations extérieures, a mis en avant les défis liés au développement du « sport intelligent » en Algérie. Lors de sa communication, il a évoqué les usages concrets de l’intelligence artificielle dans le suivi des performances, l’aide à la décision, l’arbitrage assisté ou encore la prédiction des blessures chez les athlètes. Il a toutefois souligné qu’aucune stratégie d’intelligence artificielle ne peut être envisagée sans une véritable politique de numérisation et de structuration des bases de données sportives. « Sans données fiables et sans plateformes numériques efficaces, il ne peut y avoir d’intelligence artificielle », a-t-il affirmé, plaidant pour des partenariats entre universités, clubs sportifs et société civile.
Même constat chez le professeur Hichem Louh, directeur de l’Institut de l’éducation physique et sportive, pour qui l’intelligence artificielle n’appartient plus au futur mais constitue désormais une réalité incontournable. Il rappelle que les universités algériennes ont déjà engagé un vaste chantier de digitalisation des services pédagogiques et administratifs, avec un taux de numérisation avancé dans plusieurs établissements. Ce colloque s’inscrit ainsi dans les orientations nationales visant à renforcer la souveraineté numérique et à encourager la recherche dans les domaines de l’IA et des applications sportives.
De son côté, le professeur retraité Belkacem Khayat estime que, malgré un retard accumulé dans ce domaine, l’Algérie dispose encore d’une marge pour rattraper les mutations technologiques en cours. Selon lui, la réussite de cette transition passe par une mobilisation collective impliquant chercheurs, enseignants, étudiants et gestionnaires afin de construire les bases de données nécessaires au développement de l’intelligence artificielle dans le sport.
Au-delà des débats académiques, cette rencontre ambitionne surtout d’ouvrir la voie à de futurs projets de recherche et d’innovation capables d’accompagner la modernisation du sport algérien à l’horizon 2030.




