Une veille sanitaire exemplaire pour prévenir le Hantavirus

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Wassila. B

Alors que le monde traverse une période marquée par la résurgence de maladies émergentes ou réémergentes, la rapidité et la rigueur de la réponse sanitaire constituent le meilleur rempart contre l’imprévu. La détection récente de plusieurs cas de Hantavirus à bord du bateau de croisière MV Hondius, avec des passagers infectés en France et en Espagne, aurait pu semer l’inquiétude. Pourtant, l’Algérie a choisi de ne pas attendre. Elle a décidé d’agir, avec une détermination et une clairvoyance qu’il convient de saluer.

Dès l’apparition de cette menace, les hautes autorités du pays, par l’intermédiaire du ministère de la Santé, ont fait preuve d’un professionnalisme exemplaire. Plutôt que de céder à la panique ou, pire, à la négligence, notre pays a immédiatement déployé un dispositif de préparation et d’alerte à la hauteur des enjeux. Une note détaillée adressée aux structures hospitalières et aux walis a posé un cadre clair, méthodique et efficace.

Le mérite de cette approche réside d’abord dans sa lucidité. Le ministère de la Santé a eu l’honnêteté et la rigueur de préciser que le risque pour l’Algérie reste, à ce stade, « faible ». Aucun lien épidémiologique direct n’a été identifié, et la transmission interhumaine du virus Andes reste heureusement rare. Mais les autorités ont su regarder plus loin. Conscientes de la mobilité internationale croissante et d’une période d’incubation pouvant atteindre six semaines, elles ont immédiatement activé une « vigilance renforcée ». C’est là tout le génie de la prévention : agir non pas dans l’urgence de la crise, mais dans l’intelligence du risque différé.

Ce qui impressionne davantage, c’est le caractère concret et opérationnel des mesures décrétées. Aux frontières (ports, aéroports, postes terrestres), tout a été anticipé : la vérification des équipements de protection individuelle, la mise à disposition de thermomètres et de solutions hydroalcooliques, l’aménagement d’espaces d’isolement temporaire, et surtout, la formation et la sensibilisation de l’ensemble du personnel au sol. Chaque maillon de la chaîne frontalière sait désormais quoi faire, comment détecter et comment notifier un cas suspect.

Dans les hôpitaux, la mobilisation est tout aussi rigoureuse. Le ministère a exigé que les dispositifs d’accueil hérités des précédentes menaces sanitaires soient réactivés sans délai. Désormais, tout triage initial intègrera une question systématique sur les voyages et les expositions à risque durant les 42 jours précédant les symptômes. Les protocoles d’isolement, les équipements de protection, les thermomètres : rien n’est laissé au hasard.

Mais la plus grande force de cette réponse algérienne est son caractère systémique. Le ministère de la Santé n’a pas traité le Hantavirus comme une menace isolée. Il a rappelé, dans ses instructions, l’existence d’autres zoonoses transmises par les rongeurs, et a émis des directives de lutte durable : campagnes de dératisation intensifiées, actions de proximité pour sensibiliser les citoyens, coordination intersectorielle entre santé, environnement et collectivités territoriales. C’est une véritable stratégie globale de prévention des zoonoses qui est en train de se mettre en place.