Djamila M
Le Dr Medjadi Mohsen, chef de service de rhumatologie à l’établissement hospitalier Medjber Tami d’Aïn El Turck et président de l’association des Amis des patients atteints de rhumatismes, a livré un état des lieux préoccupant sur l’évolution des maladies rhumatismales en Algérie, particulièrement dans la région Ouest. Dans une déclaration accordée à CapDz, le spécialiste met en évidence une augmentation des pathologies articulaires, accompagnée d’une évolution du profil des patients, avec une présence accrue des jeunes.
500 patients suivis au niveau du service
Le service de rhumatologie de l’hôpital Medjber Tami assure actuellement le suivi d’environ 500 patients atteints de différentes affections rhumatismales. Parmi eux, de nombreux cas de polyarthrite rhumatoïde, une maladie inflammatoire chronique des articulations, sont pris en charge.
Le service suit également près de 300 patients souffrant de spondylarthrite ankylosante, une pathologie chronique qui touche principalement la colonne vertébrale et les articulations du bassin. Le Dr Medjadi Mohsen souligne que ces maladies nécessitent une prise en charge spécialisée et un suivi régulier, en raison de leur caractère évolutif et invalidant.
Il relève par ailleurs l’absence de données statistiques nationales complètes, tout en estimant que les chiffres recueillis sur le terrain reflètent une réalité préoccupante. Les cas complexes, de plus en plus fréquents, exigent une approche multidisciplinaire.
La goutte et l’ostéoporose concernent de plus en plus les jeunes
Le spécialiste observe une évolution notable dans le profil des patients atteints de goutte, une maladie auparavant considérée comme propre aux personnes âgées, mais qui touche désormais des patients plus jeunes. Cette tendance est liée, selon lui, aux changements des habitudes alimentaires, à la sédentarité et à certains modes de vie favorisant l’augmentation de l’acide urique.
Il évoque également l’ostéoporose, qui représente un problème de santé important, notamment chez les femmes. Les facteurs de risque incluent les carences en calcium, le manque d’exposition au soleil et les prédispositions génétiques. Le médecin met en garde contre les complications possibles, notamment les fractures au niveau de la hanche, pouvant entraîner une perte d’autonomie.
Il insiste sur l’importance de la prévention à travers une alimentation équilibrée, une activité physique régulière et un dépistage précoce.
Vers l’introduction de nouveaux traitements
Sur le plan thérapeutique, le Dr Medjadi Mohsen annonce l’arrivée prochaine de nouveaux traitements, notamment les inhibiteurs de JAK, attendus à partir du mois de mai. Ces médicaments oraux, déjà utilisés dans plusieurs pays, représentent une avancée dans la prise en charge des maladies inflammatoires chroniques.
Il rappelle également la disponibilité des traitements biologiques dans les structures hospitalières algériennes, qui ont permis d’améliorer significativement la qualité de vie de nombreux patients. Ces thérapies ciblent le système immunitaire et contribuent à ralentir l’évolution de la maladie.
Le principal enjeu reste, selon lui, la généralisation de l’accès à ces traitements à l’ensemble des patients qui en ont besoin.
Le rôle de l’association et des rencontres scientifiques
En parallèle de son activité hospitalière, l’association des Amis des patients atteints de rhumatismes mène des actions de sensibilisation et d’accompagnement des malades, notamment sur le plan psychologique.
L’association a organisé récemment un congrès international tenu à Oran du 23 au 25 avril 2026, réunissant environ 250 spécialistes algériens et étrangers, venus notamment d’Europe et d’Afrique. Cette rencontre a permis d’échanger sur les dernières avancées en rhumatologie, en orthopédie et en rééducation fonctionnelle.
Les travaux ont porté sur des cas cliniques complexes et sur les approches thérapeutiques récentes, en présence de médecins spécialistes, généralistes et étudiants en médecine.
Pour le Dr Medjadi Mohsen, ces rencontres scientifiques contribuent à renforcer la formation médicale continue et à améliorer la qualité de la prise en charge des patients, en particulier pour les maladies chroniques nécessitant un suivi au long cours.
Il appelle enfin à renforcer la coordination entre les différents acteurs du secteur de la santé, ainsi qu’à développer la recherche scientifique afin de mieux répondre à la progression des maladies rhumatismales dans la population.




