Meriem B

La wilaya d’Oran a accueilli, ce lundi, une journée d’information consacrée aux facilitations et aux mécanismes d’accompagnement destinés aux exportateurs industriels, dans le cadre du suivi des accords conclus lors de la Foire commerciale intra-africaine IATF 2025. Organisée à la Chambre de commerce et d’industrie de l’Oranie (CCIO), cette rencontre s’inscrit dans la dynamique nationale visant à renforcer les exportations hors hydrocarbures et à consolider la présence du produit algérien sur les marchés africains.

Réunissant représentants des Douanes, des Impôts, des Transports, de l’Énergie, du Commerce ainsi que de nombreux opérateurs économiques, cette journée a permis d’ouvrir un espace de dialogue direct entre administration et investisseurs autour des contraintes liées à l’exportation et à l’importation des intrants industriels.

Dans son allocution d’ouverture, le directeur de la Chambre de commerce et d’industrie de l’Oranie, Ahmed Larbi, a souligné que cette initiative traduit la volonté des pouvoirs publics de mettre en œuvre la vision économique du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, fondée sur la diversification de l’économie nationale et l’ouverture sur les marchés africains. Il a également salué l’implication du wali d’Oran dans l’accompagnement des projets économiques et la promotion de l’investissement local.

Une commission de wilaya pour rapprocher l’administration des exportateurs

Le directeur de l’Industrie de la wilaya d’Oran, Abdelouahab Ammamra, a rappelé que la commission de wilaya chargée du suivi des opérations d’exportation a été installée à la suite de l’accueil par l’Algérie de la 4e édition de la Foire commerciale intra-africaine IATF 2025. Placée sous l’autorité du wali, cette structure a pour mission de simplifier les procédures administratives et de veiller à la concrétisation des accords conclus entre opérateurs algériens et partenaires africains.Selon lui, la commission a décidé d’élargir son action à l’ensemble des exportateurs industriels de la wilaya afin de rapprocher davantage l’administration des investisseurs et de prendre en charge les difficultés rencontrées sur le terrain, notamment en matière de dédouanement, de fiscalité, de transport ou encore d’approvisionnement énergétique.« Notre objectif est de mettre l’administration au service des exportateurs », a-t-il affirmé, qualifiant cette rencontre de première initiative du genre à Oran.

Des facilitations douanières et des outils numériques

Les représentants des Douanes algériennes ont, pour leur part, mis en avant les nouvelles mesures destinées à améliorer la qualité de la prestation douanière et à renforcer la compétitivité des opérateurs économiques. L’accent a notamment été mis sur la dématérialisation des formalités, la simplification des procédures de dédouanement et l’accompagnement personnalisé des exportateurs.Parmi les dispositifs présentés figurent la déclaration provisoire, permettant aux opérateurs d’entamer certaines procédures malgré l’absence de documents complémentaires, ainsi que le carnet ATA facilitant l’importation et l’exportation temporaires de matériels professionnels avec suspension des droits et taxes. Le représentant de la Direction du commerce de la wilaya d’Oran, Mourad Derouiche, a rappelé que le marché africain représente plus de 1,4 milliard de consommateurs et des opportunités économiques estimées à plusieurs milliers de milliards de dollars. Il a insisté sur la nécessité pour les entreprises algériennes de saisir ces opportunités, estimant que les produits nationaux disposent aujourd’hui d’une qualité capable de rivaliser sur les marchés internationaux.

Un débat ouvert avec les opérateurs économiques

Cette journée d’information a également été marquée par un débat interactif ayant réuni les membres de la commission de wilaya et les opérateurs économiques présents. Plusieurs exportateurs ont saisi cette occasion pour exposer les difficultés auxquelles ils sont confrontés dans leurs activités, notamment en matière de procédures administratives, de dédouanement, de transfert de matériels, de mobilité du personnel ou encore de financement des opérations à l’international.Les représentants des différentes administrations ont apporté des réponses aux préoccupations soulevées et assuré les participants de leur engagement à accompagner les investisseurs dans leurs démarches. Les membres de la commission ont également promis la prise en charge des préoccupations exprimées afin de lever les obstacles susceptibles de freiner la dynamique des exportations hors hydrocarbures.

Des entreprises tournées vers l’export du savoir-faire

Parmi les participants, plusieurs entreprises ont exprimé leur intérêt pour les dispositifs d’accompagnement à l’export. C’est notamment le cas de la société SOMIZ, filiale du groupe Sonatrach, dont le chargé du développement, M. Bouabdallah, a indiqué que son entreprise ambitionne d’exporter son savoir-faire à l’étranger, notamment dans le domaine des prestations de services. Il a souligné l’importance des mécanismes liés au transfert temporaire de matériels et de personnels ainsi que la nécessité d’une plus grande fluidité financière pour assurer la réalisation des projets internationaux. À travers cette rencontre, les autorités locales entendent ainsi renforcer l’écosystème de l’exportation industrielle et encourager les entreprises oranaises à se positionner durablement sur les marchés africains, considérés désormais comme un levier stratégique de diversification économique.