Wassila. B
Dans un contexte marqué par l’adoption par l’APN du projet de loi régissant les activités minières, l’Algérie semble bien décidée à transformer son sous-sol en levier de développement économique. Le ministre d’État, ministre de l’Énergie, des Mines et des Énergies renouvelables, Mohamed Arkab, a récemment annoncé l’identification de 93 nouveaux sites aurifères, répartis dans les wilayas de Tamanrasset, In Guezzam et Tindouf. Cette avancée majeure marque une nouvelle étape dans la stratégie nationale de valorisation des ressources minières, avec un accent particulier sur l’exploitation artisanale de l’or. Le secteur aurifère algérien connaît depuis 2021 un renouveau stratégique. L’objectif est clair : formaliser et encadrer l’exploitation artisanale de l’or, une activité historiquement pratiquée dans les vastes étendues désertiques du sud. Grâce à une approche plus structurée, l’État souhaite transformer cette richesse naturelle en moteur de croissance locale, tout en luttant contre le trafic illicite. Une stratégie articulée autour de la régularisation et de la formation. Dans ce cadre, l’État a accordé 222 permis d’exploitation artisanale, dont 21 pour la seule wilaya d’In Guezzam, afin d’intégrer les artisans dans un circuit légal. Ces micro-entrepreneurs bénéficient de formations techniques encadrées par les ingénieurs de la “police des mines”, qui veillent au respect strict des normes d’exploitation, d’hygiène et de sécurité. Cette démarche vise non seulement à professionnaliser les artisans, mais aussi à garantir une extraction responsable et durable. L’or extrait est ensuite acheminé vers des comptoirs officiels, notamment l’usine d’Amesmessa, gérée par l’Entreprise nationale d’exploitation des mines d’or (ENOR), pour traitement et raffinage. Ce circuit maîtrisé permet à l’État d’assurer la traçabilité du minerai et d’en tirer des revenus tout en stimulant l’économie locale. Selon Mohamed Arkab, les études préalables à l’exploitation des 93 nouveaux sites sont en phase de finalisation, et ces zones seront bientôt proposées à l’exploitation, une fois les conditions techniques et réglementaires réunies. Ces futures exploitations pourraient constituer un tournant majeur pour le secteur minier algérien, notamment dans les régions sahariennes, longtemps reléguées aux marges du développement économique. Au-delà des retombées économiques immédiates, l’or constitue un enjeu stratégique pour l’Algérie : diversification des ressources, création d’emplois, dynamisation des régions frontalières, et lutte contre l’économie informelle. En misant sur un encadrement rigoureux de l’exploitation artisanale, le pays cherche à valoriser durablement ses ressources tout en assurant un partage équitable des bénéfices avec les populations locales. À l’heure où de nombreux pays africains intensifient leur course à l’or, l’Algérie semble enfin prête à révéler le potentiel d’un secteur longtemps resté dans l’ombre. Une politique minière volontariste, structurée et inclusive pourrait bien faire de l’or un nouveau pilier de l’économie nationale.





















