Djamila.M
La pépinière d’entreprises de l’Université d’Oran 2 Mohamed Ben Ahmed s’apprête à signer un accord de coopération avec l’Agence Nationale de Valorisation de la Recherche et de la Technologie (ANVRT). Cette initiative stratégique vise à renforcer l’innovation, promouvoir l’entrepreneuriat technologique et transformer les résultats de la recherche scientifique en applications économiques concrètes.
Selon Mme Ben Saleh Nawal, directrice de la pépinière, cet accord s’inscrit dans une série d’initiatives nationales destinées à soutenir l’économie de la connaissance et à positionner l’université algérienne comme un acteur clé du développement économique et social. « L’objectif est de valoriser la recherche scientifique tout en stimulant l’esprit entrepreneurial chez les étudiants et les chercheurs. » Affirme la directrice et de souligner que ce partenariat permettra d’améliorer la qualité et l’efficacité de la pépinière en s’appuyant sur l’expertise de l’ANVRT pour accompagner les porteurs de projets, développer des prototypes, commercialiser les innovations et offrir des formations ciblées aux innovateurs et entrepreneurs en herbe. Pour Mme Ben Salah, l’accord sera un levier important pour dynamiser l’innovation au sein de l’université, en étendant le soutien technique et l’orientation fournis par la pépinière et en ouvrant de nouvelles perspectives de coopération entre les secteurs académique et industriel.
Une pépinière dynamique et en pleine expansion
Depuis sa création en 2022 et son homologation officielle en janvier 2024, la pépinière d’Oran 2 ne cesse de se développer. Elle accueille chaque mois une nouvelle promotion d’étudiants et propose un programme de formation s’étendant de septembre à juillet et ce, conformément à la décision ministérielle 1275. Cette année, la structure a bénéficié d’une importante restructuration et d’un équipement moderne dans un nouveau bâtiment, notamment les installations nécessaires à la préparation des prototypes, offrant aux porteurs de projets les moyens nécessaires pour concrétiser leurs idées.
Outre, la formation théorique, la pépinière assure un accompagnement technique personnalisé, renforcé par un soutien prolongé jusqu’à la fin de l’année grâce au ministère de l’Économie de la Connaissance. Cette approche permet aux étudiants de transformer efficacement leurs idées en projets viables.
Une diversification des projets et un impact social affirmé
La pépinière observe une diversification notable des projets, notamment dans les domaines des sciences de l’éducation, du conseil psychologique, de la formation et du développement humain. La directrice fera remarquer que cette évolution témoigne d’une prise de conscience grandissante que l’entrepreneuriat ne se limite plus aux disciplines techniques, mais s’étend aux sciences sociales et humaines, avec un impact réel sur la société.
Mme Ben Saleh souligne que le caractère social de l’université constitue une source d’inspiration pour des projets innovants visant à répondre à des problématiques éducatives et psychologiques, ainsi qu’à développer des services pour différentes catégories sociales. « Cela reflète une évolution dans la perception des étudiants, qui voient désormais l’entrepreneuriat au-delà des seules disciplines techniques, incluant aussi les domaines sociaux et humains, avec un impact réel sur la société et l’économie. » A-t-elle indiqué et d’ajouter que ces projets incarnent aussi la notion d’université productive, où les étudiants cherchent à transformer leurs connaissances académiques en entreprises à vocation sociale, actives dans des secteurs comme le conseil psychologique scolaire, les programmes de soutien éducatif, les centres de formation pour enfants et personnes à besoins spécifiques, et les applications éducatives ciblées. Pour Mme Ben Salah, soutenir ce type de projets représente un défi particulier, nécessitant des mécanismes d’accompagnement adaptés au contexte social et encourageant l’innovation dans ce cadre, ce que la pépinière assure notamment via ses partenariats avec des institutions nationales telles que l’ANVRT.
Vers une intégration renforcée et un avenir prometteur
Au cours de la saison actuelle, 64 projets de start-up, 20 entreprises traditionnelles et 13 projets en cours de brevetage ont été enregistrés. La pépinière accompagne activement ces porteurs pour finaliser leurs prototypes en vue d’une présentation prévue en juin. Par ailleurs, la prolongation de la formation jusqu’en décembre offre aux étudiants un temps précieux pour perfectionner leurs projets avant leur entrée sur le marché.
Parmi les ambitions futures, la pépinière souhaite intensifier la sensibilisation dans les départements encore peu impliqués, notamment l’Institut de Maintenance et de Sécurité Industrielle, et étendre son réseau de partenaires industriels et économiques. L’objectif est de créer des synergies concrètes entre étudiants et professionnels pour faciliter la concrétisation des projets et renforcer l’intégration économique et sociale de l’université.
Mme Ben Saleh conclut en affirmant que la formation proposée vise à doter les étudiants des compétences clés pour créer des entreprises innovantes et compétitives, contribuant ainsi activement au développement économique et social de la région.