Djamila M

Dans une dynamique visant à renforcer la dimension pratique de la formation universitaire, une sortie pédagogique a été organisée au profit des étudiants en sciences de l’information et de la communication de l’Université d’Oran 1. Initiée par le laboratoire Sigma relevant de la Faculté des sciences humaines et sociales, cette activité a conduit les étudiants à la télévision algérienne d’Oran, avant une seconde étape consacrée à la découverte de plusieurs sites culturels et historiques de la wilaya de Mostaganem.



Cette initiative s’inscrit dans une approche pédagogique qui cherche à consolider le lien entre les acquis théoriques et les réalités du terrain, dans un contexte marqué par des transformations profondes du champ médiatique, portées notamment par la révolution numérique et l’essor accéléré des technologies, dont l’intelligence artificielle.

Au-delà de la simple visite, cette sortie a constitué une véritable immersion dans les coulisses de la production médiatique, tout en offrant une ouverture sur la richesse patrimoniale de Mostaganem à travers ses espaces historiques, son théâtre régional et plusieurs sites emblématiques porteurs de mémoire et d’identité.



Une immersion concrète dans les réalités du travail journalistique



La professeure Raïs Ali Ibtissem, directrice du laboratoire Sigma, a indiqué que cette sortie constitue la cinquième édition d’un programme pédagogique régulièrement organisé au profit des étudiants. Elle a souligné que l’objectif fondamental demeure l’ancrage progressif des apprenants dans les réalités concrètes de l’exercice journalistique.

Lors de leur passage au sein de la télévision algérienne d’Oran, les étudiants ont pu découvrir l’organisation interne des différents services techniques et rédactionnels. Studios de production, salles de rédaction, dispositifs de montage et espaces d’information leur ont permis d’appréhender les étapes successives de fabrication de l’information, ainsi que la coordination entre journalistes, techniciens et équipes de diffusion.

La responsable a rappelé que si l’université assure l’acquisition des fondements théoriques, la pratique journalistique reste indissociable de l’expérience de terrain. Elle a également insisté sur la nécessité, pour les étudiants, de s’adapter aux mutations technologiques actuelles et de maîtriser les nouveaux outils numériques qui redéfinissent les pratiques médiatiques contemporaines.

Elle a, par ailleurs, mis en avant l’importance de ces rencontres avec les professionnels du secteur, dans un contexte où la presse fait face à des défis multiples, notamment la concurrence accrue des contenus diffusés sur les réseaux sociaux. Dans ce paysage en recomposition, le journaliste est appelé à produire une information fiable, structurée et à forte valeur ajoutée.



Une formation ancrée dans le terrain et l’observation directe



La professeure Dehallas Gennifer, du département des sciences de l’information et de la communication, a pour sa part souligné que cette sortie pédagogique vise à rapprocher les étudiants du quotidien des rédactions et à leur offrir une première immersion dans le fonctionnement d’un média public.

Elle a précisé que la visite de la télévision algérienne d’Oran a permis aux étudiants de suivre de manière concrète les différentes phases de production de l’information et des programmes, depuis les services techniques jusqu’aux salles de rédaction, en passant par les espaces de montage et les dispositifs de diffusion. Cette expérience leur a offert une lecture globale et structurée du processus médiatique.

La chercheuse a insisté sur le fait que la formation universitaire ne peut se limiter au cadre théorique, mais doit s’appuyer sur des sorties régulières permettant un contact direct avec le terrain, condition essentielle pour l’acquisition progressive de compétences professionnelles solides.

La sortie s’est également prolongée à travers la découverte de plusieurs sites culturels et historiques de la wilaya de Mostaganem. Au site du Bordj El Turc, les étudiants ont bénéficié d’explications détaillées sur les différentes périodes historiques de la région, de la préhistoire jusqu’à l’époque contemporaine, à travers des expositions et des espaces muséographiques dédiés.

Dans cette perspective, il a été rappelé que le journalisme et l’histoire entretiennent une relation étroite, dans la mesure où le traitement de l’information suppose une connaissance approfondie du patrimoine culturel et de la mémoire collective, éléments essentiels à la construction d’un discours médiatique ancré dans l’identité nationale.



Mostaganem, entre patrimoine vivant et ouverture culturelle



Le programme de la sortie a également inclus une visite du théâtre régional de Mostaganem, haut lieu de création artistique, où les étudiants ont découvert l’histoire de cette institution culturelle ainsi que l’héritage de figures majeures du théâtre algérien, à l’image du défunt Abdelkader Alloula, figure emblématique de la scène théâtrale nationale.

Les étudiants ont ensuite rejoint le Bordj El Turc, l’un des sites historiques les plus significatifs de la région, où ils ont pu parcourir des espaces d’exposition retraçant les grandes étapes de l’histoire de Mostaganem. Une halte sur la façade maritime a également permis un moment de détente et de découverte avant la reprise du calendrier académique et la préparation des examens.

Dans ce cadre, le directeur de la culture de la wilaya de Mostaganem a souligné l’importance de ces initiatives pédagogiques, qui contribuent à rapprocher les étudiants et les chercheurs du patrimoine matériel et immatériel. Il a toutefois relevé que le nombre de visites universitaires reste encore en deçà des attentes, malgré leur valeur scientifique et éducative.

Les institutions culturelles, a-t-il précisé, demeurent pleinement engagées dans l’accompagnement des initiatives universitaires visant la découverte du patrimoine national, en encourageant les activités de terrain et les projets académiques liés à la valorisation historique et culturelle du territoire.



Vers une consolidation du lien entre université, médias et patrimoine



Le responsable du secteur culturel a rappelé que la préservation du patrimoine relève d’une responsabilité collective, impliquant non seulement les institutions culturelles, mais également l’université, les médias et l’ensemble des acteurs de la société. Il a insisté sur la nécessité de renforcer la visibilité médiatique des sites historiques afin de favoriser une meilleure appropriation de la mémoire nationale.

Il a également salué les initiatives des enseignants universitaires dans l’organisation de sorties pédagogiques, mettant en avant l’expérience de la professeure Raïs Ali Ibtissem, qui a renouvelé pour la deuxième fois ce type d’initiative en direction des sites culturels et historiques de Mostaganem.

Les autorités culturelles ont exprimé leur disponibilité à accompagner les chercheurs, enseignants et étudiants dans leurs projets liés au patrimoine, à travers l’encadrement scientifique, la mise à disposition de ressources documentaires et l’organisation de visites de terrain.

Cette sortie pédagogique illustre ainsi la place centrale de la formation pratique dans les cursus en sciences de l’information et de la communication, à une époque où les mutations numériques redéfinissent en profondeur les métiers des médias. Elle met également en évidence le rôle structurant de l’université dans l’ouverture de ses étudiants sur leur environnement culturel et social, en articulant savoir académique, expérience de terrain et découverte du patrimoine national.