H. Nassira
À Oran, l’approche de la clôture de la période de dépôt des listes de candidatures auprès de la délégation de wilaya de l’Autorité nationale indépendante des élections, prolongée jusqu’à la mi-mai, a ravivé les tensions au sein des formations politiques engagées dans la course aux législatives.
Dans une atmosphère particulièrement électrique, certains acteurs n’hésitent plus à parler d’un climat de forte crispation, marqué par des contestations internes de plus en plus visibles et des remises en cause publiques des choix opérés par les directions partisanes.
Les accusations de « trahison des engagements » se multiplient, notamment autour de l’intégration de profils extérieurs aux structures militantes, parfois sans véritable parcours politique au sein des partis concernés.
Des fuites qui bousculent les équilibres politiques
La diffusion de listes de candidatures en amont de leur validation officielle a provoqué de profonds remous dans plusieurs partis en compétition pour les sièges de l’Assemblée populaire nationale. Ces « fuites », jugées stratégiques par certains observateurs, ont rebattu les cartes et alimenté une surenchère autour des profils les plus médiatisés.
Dans cette logique, la sélection de figures locales à forte notoriété tend à s’imposer comme un critère déterminant, reléguant parfois au second plan le parcours militant. Une orientation vivement contestée par des militants historiques, qui dénoncent une marginalisation progressive au profit de considérations purement électoralistes.
L’émergence d’une logique de « popularité électorale »
De plus en plus de formations politiques assument désormais le recours à des personnalités connues de la scène locale, considérant que leur capital de notoriété constitue un atout décisif dans la conquête des sièges parlementaires.
Cette stratégie, bien que revendiquée par certains états-majors, continue de susciter un profond malaise au sein des bases militantes, où l’on estime que l’engagement politique de terrain n’est plus suffisamment valorisé.
Sur les réseaux sociaux, ces tensions internes ont pris une ampleur particulière, donnant lieu à des échanges virulents et à des révélations parfois sensibles sur les dynamiques internes des partis. Une situation qui, selon plusieurs observateurs, éloigne le débat des véritables enjeux législatifs, notamment les attentes des citoyens en matière de représentation et de production législative.
Ralliements, recompositions et jeux d’alliances
À l’approche du dépôt définitif des candidatures, les mouvements de ralliement et les repositionnements politiques s’intensifient. Des contacts sont signalés entre formations et personnalités ayant échoué à s’imposer sur des listes indépendantes, tandis que certains élus sortants cherchent à reconduire leur mandat sous de nouvelles couleurs partisanes.
Ces recompositions traduisent une recomposition accélérée du paysage politique local, où les alliances se font et se défont au rythme des arbitrages électoraux.
Le FLN face aux sollicitations et aux départs
Dans ce contexte mouvant, le Front de libération nationale enregistre plusieurs sollicitations de militants issus d’autres formations désireux de rejoindre ses rangs. Une situation que la direction du parti aborde avec pragmatisme, dans une logique de circulation politique désormais assumée.
Le parti insiste toutefois sur la nécessité de préserver un équilibre interne, alors que certains départs viennent également fragiliser ses structures locales.
Le MSP entre ouverture contrôlée et stabilité interne
De son côté, le Mouvement de la société pour la paix affirme privilégier ses cadres et militants dans la constitution de ses listes, tout en s’autorisant, dans certains cas, le recours à des personnalités locales jugées influentes.
Le parti met en avant une stratégie d’ouverture maîtrisée, combinée à une volonté de stabilité organisationnelle, dans un contexte électoral particulièrement concurrentiel.
Le RND sous pression interne
Le Rassemblement national démocratique n’échappe pas à la tension ambiante. Plusieurs militants dénoncent des situations d’exclusion et de marginalisation, notamment à l’approche de la sélection des candidatures.
Malgré les efforts de la direction pour apaiser les tensions et réorganiser certaines structures locales, le malaise persiste dans plusieurs bases militantes, où l’attente de reconnaissance reste forte.
Frustrations militantes et incertitudes persistantes
Au Front de libération nationale comme dans d’autres formations, la publication progressive des listes continue d’alimenter frustrations et désillusions. De nombreux militants de longue date, parfois engagés depuis plus de quinze ans, estiment ne pas avoir été suffisamment pris en compte dans les arbitrages.
Certains évoquent désormais la possibilité d’un retrait progressif de la vie partisane, traduisant un climat de désenchantement qui accompagne ces législatives marquées par une forte intensité politique et organisationnelle.
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