
Wassila. B
La réunion présidée ce jeudi par le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, avec les cadres du groupe public Saidal, dépasse le simple cadre d’un suivi administratif de routine. Elle s’inscrit au cœur d’un enjeu national stratégique et urgent : la concrétisation tangible de notre autosuffisance et de notre souveraineté en matière de santé. Dans un monde où les chaînes d’approvisionnement sont fragiles et où la dépendance médicamentaire équivaut à une vulnérabilité géopolitique, les projets de Saidal ne sont pas seulement industriels ; ils sont de véritables piliers de sécurité nationale.
L’accent mis par le ministre sur la relance des projets relatifs à la production de matières premières est particulièrement significatif. C’est en effet le maillon faible historique de l’industrie pharmaceutique algérienne, et le point de bascule vers une véritable indépendance. Produire des médicaments finis à partir de principes actifs importés est une première étape, mais maîtriser la filière depuis sa source constitue la seule garantie de résilience face aux crises. Les retards évoqués doivent donc être surmontés avec une détermination sans faille, comme y a appelé le ministre. Chaque mois perdu prolonge une dépendance coûteuse et dangereuse.
Dans cette optique, la signature récente d’un mémorandum d’entente avec le groupe suisse Bioexpress Therapeutics est une initiative à saluer. Elle illustre la voie pragmatique à suivre : un partenariat international ciblé et exigeant, axé sur le transfert de compétences et de technologies dans le domaine sensible de la biotechnologie. L’objectif affiché est clair : créer les conditions d’une production locale de biomédicaments et développer un savoir-faire national. Ce type de collaboration, loin d’être une concession, est un accélérateur d’autonomie. Il évite le piège du repli sur soi et permet de s’appuyer sur l’expertise mondiale pour bâtir une capacité industrielle pérenne et innovante.
Cependant, les beaux principes des communiqués doivent rapidement se traduire en réalités sur le terrain. Les instructions « fermes » du ministre devront se heurter à la complexité des procédures, aux lourdeurs bureaucratiques et parfois à un manque d’agilité hérité du passé. Le défi pour Saidal, en tant que groupe public, est de réussir à allier la rigueur et la mission de service public avec la réactivité et l’efficacité du secteur privé. La localisation de l’industrie pharmaceutique nécessite plus que des investissements ; elle exige une gouvernance renouvelée, une culture du résultat et une gestion des projets impitoyable sur les délais.
Le ministre Kouidri a raison d’être exigeant. Saidal n’est pas une entreprise comme les autres. Elle porte une part essentielle de la souveraineté sanitaire de l’Algérie. Son succès n’est pas seulement économique ; il est sanitaire, social et stratégique. La réunion de ce jeudi doit marquer le début d’une phase d’exécution accélérée et transparente. Le temps n’est plus aux études de faisabilité, mais aux réalisations. La santé de la nation et sa sécurité en dépendent.


