
Wassila. B
Dans un contexte mondial marqué par l’incertitude et la reconfiguration des chaînes de valeur, le diagnostic porté par la Directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, sur l’économie algérienne est porteur d’un message très fort. À la veille d’une conférence économique majeure à Alger, ses déclarations à l’APS ne se limitent pas à un constat formel ; elles reconnaît une transformation économique durable réalisée par l’Algérie. Son analyse reconnaît des progrès tangibles, identifie des atouts structurants et une accélération de la transition vers un nouveau modèle de croissance.
Les progrès salués sont en effet réels et constituent les piliers initiaux de cette transformation. L’adoption de lois sur l’investissement et le foncier, la création de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) et la dématérialisation des services publics sont des réformes structurelles essentielles. Elles répondent à des demandes historiques du secteur privé pour un climat des affaires plus transparent et prévisible. Le résultat le plus tangible de ces efforts est la spectaculaire progression des exportations hors hydrocarbures, qui ont plus que doublé en cinq ans. Ce chiffre, souvent éclipsé par la prédominance des recettes pétrolières et gazières, est fondamental. Il démontre la capacité de l’économie algérienne à générer des devises et à créer de la valeur au-delà de la rente. Il s’agit là d’une première validation des politiques engagées.
L’essentiel du propos de Mme Georgieva réside dans la cartographie des opportunités à saisir. Elle insiste avec justesse sur l’alignement de trois dynamiques favorables. Premièrement, la révolution numérique, que les investissements publics en infrastructures ont commencé à irriguer, comme en témoigne l’émergence d’un écosystème de start-ups. Deuxièmement, la réorganisation des chaînes d’approvisionnement mondiales, qui ouvre une fenêtre pour attirer des investissements productifs et intensifier les échanges. Troisièmement, et peut-être le plus stratégique, le potentiel énergétique unique du pays. L’Algérie n’est pas seulement un fournisseur d’hydrocarbures ; elle possède les atouts pour devenir un « pôle énergétique régional » intégrant gaz, énergies renouvelables abondantes (solaire) et hydrogène vert. Cette vision positionne le pays au cœur des enjeux énergétiques et climatiques de demain.
C’est ici que le plaidoyer pour la coopération régionale, thème central de la conférence d’Alger, prend tout son sens. Les projets d’interconnexion électrique, les corridors logistiques (ports, chemins de fer) et les chaînes de valeur transfrontalières ne sont pas des options, mais des nécessités pour passer à l’échelle supérieure. Ils permettent de réduire les coûts, d’attirer des investissements plus importants et de créer des emplois stables. L’intégration régionale n’est plus un idéal politique ; c’est un impératif économique pour renforcer la résilience face aux chocs géopolitiques.
Le message sous-jacent est clair : les bases sont « déjà solides », et le temps est à l’action décisive. La résilience de la croissance, soutenue par d’importants investissements publics, et le recul de l’inflation offrent une fenêtre de tir précieuse.


