
Wassila. B
Dans un monde où l’information circule à la vitesse de la lumière et où les algorithmes décident parfois de notre rapport au vrai, la parole du ministre de la Communication, M. Zoheir Bouamama, devant les députés de l’APN n’est pas une simple déclaration de routine. Elle sonne comme un rappel stratégique : face aux campagnes de déstabilisation qui ciblent l’Algérie, le renforcement des espaces médiatiques nationaux n’est pas une option, mais une nécessité vitale.
Car il ne s’agit plus seulement de concurrencer les géants du numérique ou d’exister dans le brouhaha des réseaux sociaux. Il s’agit de protéger le pays contre ce que l’on pourrait appeler la « fabrique du chaos informationnel ». M. Bouamama a eu le mérite de nommer clairement la menace : des « campagnes de désinformation et de falsification des faits » sont menées par « certaines parties » que dérange le retour en force de l’Algérie comme État pivot dans la région. Cette phrase, lourde de sens, replace le combat médiatique dans sa juste dimension : celle de la souveraineté.
Longtemps, on a cru que la guerre se gagnait par les chars ou les frontières. Aujourd’hui, elle se gagne aussi par les récits. Un pays dont on parvient à falsifier l’image, à décrédibiliser les institutions ou à fragiliser le tissu social par la rumeur est un pays vulnérable. C’est précisément contre cette vulnérabilité que le ministre entend bâtir un rempart. En appelant à « élaborer une stratégie fondée sur une approche globale », il ne prône pas un repli nationaliste, mais une exigence de professionnalisme. L’objectif est clair : offrir au citoyen une information fiable, en temps opportun, pour que celui-ci ne soit pas la proie des marchands de doute.
Dans cette architecture, la création d’une cité médiatique voulue par le président de la République n’est pas un simple projet immobilier. C’est la reconnaissance que le journalisme de qualité a besoin d’outils à la hauteur des défis. C’est aussi un signal fort adressé aux professionnels : l’État ne les abandonne pas face aux tempêtes numériques.
Le discours du ministre a également eu le courage d’aborder un angle souvent négligé : la régulation. En rappelant que la loi impose aux organes audiovisuels de respecter le référent religieux et les constantes nationales, il pose une limite claire. La liberté d’expression n’est pas un permis de divagation. Et lorsque certaines productions franchissent la ligne rouge, jusqu’à la suspension, ce n’est pas de la censure ; c’est de la protection du lien social.
Quant aux influenceurs, M. Bouamama a su trouver le ton juste. Il ne les rejette pas en bloc, mais rappelle qu’ils n’appartiennent pas au « champ médiatique réglementé ». Une manière de dire que, si l’on veut faire de l’information, il faut en accepter les règles et la déontologie. Cette déclaration du ministre de la Communication dépasse le cadre d’une simple séance parlementaire. Elle pose les jalons d’une politique de vérité. À l’heure où les puissances prédatrices investissent des milliards dans la manipulation de l’opinion, l’Algérie répond par l’institution et la qualité. C’est ainsi que l’on construit une forteresse médiatique : non pas en érigeant des murs, mais en offrant aux citoyens des raisons de croire en leurs propres médias.


