H. Nassira 

À Oran, les partis politiques se trouvent face à un défi historique : transformer la présence féminine en véritable force électorale. Entre recul du militantisme, stratégies de mobilisation et parité constitutionnelle, les prochaines échéances seront le révélateur de l’engagement réel des formations politiques pour placer la femme au cœur de la décision.

Femmes et politique : un enjeu majeur pour 2026

À l’occasion de la Journée internationale des femmes, le 8 mars 2026, la question de la participation politique féminine en Algérie s’impose comme un véritable défi. Les prochaines élections, législatives et locales, offrent un test capital pour mesurer la place réelle des femmes dans la vie politique et leur capacité à peser sur les décisions au sein des partis et des conseils élus.

Des partis sous pression pour impliquer les femmes

Dans la wilaya d’Oran, l’attention se concentre sur le rôle des formations politiques. Leur objectif : permettre aux femmes de s’engager pleinement dans l’action politique et militante, et de s’affirmer à tous les niveaux, de la base aux instances dirigeantes où se définissent les stratégies. Pourtant, certaines formations connaissent un recul de l’activisme féminin, souvent lié à des tensions internes, malgré l’existence de commissions dédiées aux femmes.

Le RND mise sur la jeunesse et les femmes

Pour sortir de cette dynamique, le Rassemblement National Démocratique (RND) d’Oran a placé la jeunesse et les femmes au cœur de sa stratégie de mobilisation. L’ambition : attirer ces militantes vers le militantisme politique, tirer parti de leur énergie et renforcer la représentation féminine dans les prochaines échéances électorales, notamment au niveau des assemblées locales et de wilaya.

Des initiatives similaires chez MSP et FLN

Le Mouvement de la société pour la paix (MSP) s’appuie également sur l’organisation de séminaires nationaux pour encourager l’engagement féminin dans les partis et la participation aux élections. Le Front de libération nationale (FLN), lui, cherche à redresser la barre après avoir enregistré un recul notable de la représentation des femmes lors des dernières élections locales, reflétant une baisse de son influence dans les assemblées populaires.

Une participation encore insuffisante

En 2021, aucune candidate n’a remporté de siège à Oran parmi les 17 postes législatifs à pourvoir, et seules cinq femmes ont été élues au conseil populaire de wilaya, contre 19 en 2017. Cette situation a fragilisé l’engagement des militantes, qui refusent désormais d’être instrumentalisées comme simples figures décoratives dans les instances partisanes.

La place des femmes dans les assemblées locales et exécutifs

L’implication des femmes dans le développement local et dans les exécutifs communaux et de wilaya – en tant que vice-présidentes ou présidentes de commissions permanentes – est désormais reconnue comme essentielle. À ce jour, aucune irrégularité ou implication négative n’a été relevée dans leur gestion depuis les mandats précédents.

La parité inscrite dans la Constitution, un impératif pour les partis

Les réformes majeures introduites par le Constitution de 2020 consacrent le principe de parité, rendant la représentation féminine dans les conseils élus effective. Les partis politiques doivent maintenant intensifier leurs efforts pour respecter cette orientation. Lors des élections locales de 2021, 1 153 femmes ont été élues au niveau des assemblées locales, dont 138 au niveau de l’assemblée de wilaya. Les prochaines échéances à Oran représentent une opportunité de renforcer ce bilan encore jugé insuffisant.