Djamila M

Le service des urgences médico-chirurgicales de l’établissement hospitalier spécialisé Moudjahid Dr Mahmoudi Mohamed, à Tlelat dans la wilaya d’Oran, a enregistré cette année une baisse significative des cas liés aux troubles digestifs durant l’Aïd el-Fitr, comparativement à la même période en 2025. Selon les spécialistes, cette évolution reflète une prise de conscience accrue des citoyens concernant leurs habitudes alimentaires pendant les fêtes.

Dans ce contexte, Assia Kemmache, coordinatrice au service des urgences, a indiqué que le nombre de patients reçus pour des troubles digestifs n’a pas dépassé cinq cas tout au long de la période de l’Aïd, un chiffre qu’elle qualifie de très faible par rapport aux années précédentes, et particulièrement à 2025, où le service accueillait habituellement un nombre bien plus élevé de personnes souffrant d’indigestion, de ballonnements ou d’intoxications alimentaires.

La coordinatrice a expliqué que ce recul s’explique en grande partie par l’amélioration des comportements alimentaires des citoyens, qui évitent désormais les excès de sucreries et d’aliments gras caractéristiques des repas de fête. Elle a également souligné que les personnes diabétiques ont montré un respect accru des recommandations médicales, contribuant directement à la diminution des complications liées à l’alimentation.

Assia Kemmache a mis en avant le rôle central de la sensibilisation menée tout au long de l’année par le personnel médical, via les médias et les réseaux sociaux. Cette campagne de prévention a permis de diffuser une culture sanitaire plus solide, rendant les citoyens mieux informés des risques liés à une mauvaise alimentation pendant les occasions festives, et se traduisant par des indicateurs de santé nettement meilleurs cette année par rapport à 2025.

Un autre facteur ayant contribué à réduire la pression sur le service des urgences est l’orientation d’un nombre important de citoyens vers les pharmacies, pour se procurer directement des médicaments dans les cas légers ne nécessitant pas d’intervention médicale urgente. Beaucoup ont préféré suivre les conseils des pharmaciens afin de soulager des symptômes tels que l’indigestion ou les douleurs abdominales, contribuant ainsi à alléger le flux de patients pendant la période de l’Aïd.

Cinq interventions chirurgicales d’urgence réalisées pendant la même période

Malgré cette baisse des troubles digestifs, le service des urgences a continué à accueillir d’autres cas nécessitant une prise en charge immédiate. Cinq interventions chirurgicales d’urgence ont ainsi été réalisées durant l’Aïd, portant sur des situations complexes et graves requérant une action rapide du personnel médical spécialisé.

Parmi ces interventions, une hernie étranglée a nécessité une chirurgie immédiate pour prévenir des complications sévères, tandis qu’un cas d’appendicite a été traité, l’une des urgences chirurgicales les plus fréquentes.

Le service a également pris en charge un cas rare et critique, impliquant une atteinte directe de la vascularisation intestinale, nécessitant un diagnostic rapide et une intervention précise. L’opération a été réalisée à temps, contribuant au sauvetage de la vie du patient. Les deux autres interventions concernaient différentes urgences chirurgicales, toutes traitées sans délai, démontrant la capacité du service à gérer efficacement des situations critiques, même pendant les périodes de forte affluence comme l’Aïd.

En conclusion, Assia Kemmache a insisté sur l’importance de poursuivre les efforts de sensibilisation pour maintenir ce niveau de conscience sanitaire chez les citoyens, en rappelant la nécessité de modération alimentaire et d’équilibre nutritionnel, particulièrement lors des fêtes. Elle a également souligné le rôle clé des pharmaciens dans l’orientation et le conseil des patients pour les cas bénins.

Cette baisse des troubles digestifs durant l’Aïd El Fitr constitue un indicateur positif du changement des comportements alimentaires dans la société. Elle permet de réduire la pression sur les services d’urgence et offre aux équipes médicales la possibilité de se concentrer plus efficacement sur les cas critiques nécessitant une intervention immédiate, comparativement à la même période en 2025.