Par la docteure Merioua Hafida, université d’Oran 2

L’université d’Oran 2 a accueilli un forum national scientifique dédié à la psychologie des personnes en situation de maladie ou de handicap, dans un contexte de sensibilisation croissante à l’intégration de la dimension psychologique dans les politiques sanitaires et sociales. Cet événement a offert un espace académique pour débattre des évolutions profondes dans la compréhension de la maladie et du handicap, avec la participation d’une élite de chercheurs et spécialistes issus de diverses universités algériennes.

Organisé par la faculté des sciences sociales en partenariat avec la direction de la Santé de la wilaya d’Oran, ce forum reflète une orientation vers l’alliance entre théorie et pratique terrain, particulièrement sur des enjeux humains sensibles. Les débats sont partis d’un postulat clé : la maladie ou le handicap ne se limite plus à une lecture purement biologique, mais constitue un phénomène complexe mêlant dimensions psychologiques, sociales et culturelles.

Les intervenants ont mis l’accent sur les transformations de l’identité chez ces personnes, marquées par une « crise identitaire » due à la perte de rôles sociaux antérieurs ou à une altération de l’image corporelle et de l’estime de soi. Ces changements dépassent la souffrance individuelle pour impacter l’inclusion sociale et la reconstruction des liens avec l’entourage.

Les défis psychologiques associés – anxiété existentielle, dépression, perte de sens, surtout dans les cas chroniques – ont été passés au crible. Ces troubles s’aggravent souvent sous l’effet du regard sociétal négatif : stigmatisation, stéréotypes, exclusion ou pitié compassionnelle, qui isolent et freinent l’autonomisation. Parfois, ce facteur social pèse plus lourd que la pathologie elle-même.

Les contributions ont plaidé pour des approches pluridisciplinaires fusionnant psychologie, sociologie et sciences de la santé, afin de concevoir des interventions holistiques. Celles-ci incluent le renforcement de la résilience psychologique, la régulation émotionnelle, des programmes de réhabilitation adaptés et un soutien individualisé. Le rôle central de la famille comme premier rempart psychologique a été souligné, tout comme celui des institutions sanitaires et sociales pour un accompagnement vers une inclusion durable.

Les discussions ont aussi insisté sur le lien entre recherche académique et décideurs publics, appelant à exploiter les études scientifiques pour des politiques plus équitables, fondées sur une approche des droits garantissant dignité et participation pleine à la société.

Le forum conclut que l’inclusion réelle passe par une refonte des perceptions collectives, au-delà de la compassion traditionnelle, vers une vision d’autonomisation axée sur les droits. Investir dans la santé mentale n’est pas accessoire : c’est un pilier pour une société équilibrée, juste et inclusive.