
Wassila. B
L’ICT Africa Summit 2026, qui s’est ouvert à Alger, ne constitue pas un simple rendez-vous technologique de plus. Il incarne la concrétisation d’une vision stratégique mûrement pensée par l’Algérie : celle de s’ériger en hub continental incontestable de la transformation numérique. En réunissant décideurs, entrepreneurs, investisseurs et experts de tout le continent, Alger pose un jalon décisif dans l’édification d’un écosystème numérique mature, au diapason des mutations mondiales. Le choix du Palais des expositions des Pins maritimes pour accueillir cette sixième édition, sous le haut patronage de cinq ministères stratégiques, témoigne de la volonté politique de placer le numérique au cœur du développement national. Cette mobilisation interministérielle, de l’Intérieur à la Santé, en passant par la Poste, l’Économie de la connaissance et la Formation professionnelle, révèle une approche holistique où la technologie irrigue tous les secteurs de la vie économique et sociale.
Ce qui frappe dans cette édition 2026, c’est l’ampleur des réalisations concrètes qui étayent l’ambition algérienne. Avec plus de 300.000 kilomètres de fibre optique déployés, 6,4 millions de foyers connectés, et le lancement prochain de la 5G, l’Algérie dispose désormais d’une infrastructure physique digne des grandes nations numériques. La dorsale transsaharienne en fibre optique, dont Alger est un maillon essentiel, ouvre la voie à une connectivité fluide à l’échelle du continent. C’est précisément cette réalité qui permet à Madjid Imadalou, organisateur du sommet, d’affirmer avec légitimité que l’Algérie s’érige en hub continental des technologies. Mais l’infrastructure ne suffit pas. L’État mise résolument sur la jeunesse, cette force vive qui représente l’avenir. Les dispositifs de financement destinés aux jeunes porteurs de projets et aux startupeurs produisent leurs premiers fruits, comme en témoignent les 50 start-up présentes à ce sommet. L’innovation ne se décrète pas, elle se favorise par des mécanismes concrets, et l’Algérie l’a bien compris.
Les enjeux abordés lors des quatre forums touchent au cœur des préoccupations contemporaines. La souveraineté numérique, en particulier, est justement qualifiée par Roni Tohme, directeur général d’Ooredoo Algérie, de « pierre angulaire de la sécurité des données et de la stabilité technologique ». À l’heure où les données circulent sans frontières, garantir leur protection et maîtriser ses outils numériques est un impératif de puissance. La signature de conventions, comme celle liant Ooredoo au Groupement algérien des acteurs du numérique, et l’engagement renouvelé d’Algérie Télécom aux côtés de ses filiales, démontrent que la dynamique est bien lancée. Le numérique n’est plus une simple option de modernisation, comme le rappelle Hichem Andaloussi. Il est devenu un levier stratégique de souveraineté, de compétitivité et de progrès social. L’ICT Africa Summit 2026 n’est donc ni une vitrine, ni une simple foire d’exposition. C’est la preuve que l’Algérie, forte de ses infrastructures, de sa volonté politique et de sa jeunesse innovante, est en train de tracer sa route vers un avenir numérique souverain et rayonnant. Le continent peut désormais compter sur un hub algérien solide, ouvert et ambitieux.


