H. Nassira

À l’approche de son terme, le mandat des assemblées communales dans la wilaya d’Oran s’achève sur un constat largement partagé : celui d’une gestion marquée par une instabilité chronique et des dysfonctionnements persistants. Entre tensions internes, blocages de gouvernance et affaires judiciaires, plusieurs exécutifs locaux ont traversé une période particulièrement agitée, placée dès les premières années sous une étroite surveillance des instances de contrôle.

Selon d’anciens responsables de l’administration locale, jusqu’à 21 communes auraient été touchées par des perturbations récurrentes, révélant des fragilités dans la gestion et la prise de décision. Ces responsables avaient notamment alerté sur la multiplication de dossiers échappant au suivi des assemblées élues, évoquant à la fois un déficit d’expérience, des insuffisances en matière de compétence administrative, ainsi que des pratiques de favoritisme et d’abus de fonction ayant, dans plusieurs cas, débouché sur des procédures judiciaires.

Dans ce contexte, 13 assemblées populaires communales ont été profondément secouées par la suspension de leurs présidents, tandis que 15 maires ont été officiellement démis de leurs fonctions à travers la wilaya d’Oran. Deux conseils communaux ont, par ailleurs, été gelés, alors que quatre autres édiles demeurent sous la menace de poursuites judiciaires. Malgré la proximité de la fin du mandat, plusieurs dossiers restent ouverts, dans une logique affichée de préservation des fonds publics et d’amélioration de la gestion des services de proximité.

Les autorités de contrôle poursuivent ainsi un suivi strict des programmes de développement communal et des marchés publics, en veillant au respect des procédures légales et des dispositions réglementaires en vigueur. Plusieurs communes ont fait l’objet d’enquêtes ou de poursuites, notamment Gdyel, El Ançor, Bousfer, Mers El Kebir, Boutlélis, Arzew, El Kerma, Benfreha, Es-senia, Hassi Ben Okba, Hassi Bounif ainsi que la commune d’Oran, parmi d’autres. Certaines, à l’image de Boutlélis et Misserghine, ont même vu leurs assemblées suspendues.

La commune d’Oran n’a pas été épargnée par cette vague de procédures. Quatre élus en exercice ont été placés sous contrôle judiciaire, tandis qu’un autre, exerçant en qualité de délégué communal, a été incarcéré dans le cadre d’une affaire liée à des faits considérés comme graves.

Ces développements successifs mettent en lumière, selon plusieurs observateurs, la nécessité de renforcer les mécanismes de gouvernance locale et de consolider les principes de transparence dans la gestion des affaires publiques. Ils rappellent également l’importance d’une responsabilité accrue des élus, loin de toute instrumentalisation des institutions ou de considérations personnelles liées à l’exercice du pouvoir local.

Vers une exigence accrue de compétences dans la gestion locale

À l’approche des prochaines élections locales, les formations politiques sont appelées à revoir en profondeur leurs critères de sélection des candidats. L’enjeu réside désormais dans la capacité à proposer des profils maîtrisant les règles de gestion administrative et les procédures liées aux marchés publics, afin d’éviter la répétition de dérives constatées au cours du mandat écoulé.

Plusieurs des affaires enregistrées trouvent en effet leur origine dans une méconnaissance des cadres juridiques en vigueur, certains élus ayant qualifié leurs manquements de simples « erreurs administratives », aux conséquences pourtant lourdes sur le plan judiciaire et institutionnel.

Par le passé, la désignation des responsables locaux reposait davantage sur la proximité avec les préoccupations des citoyens, la connaissance du terrain et la capacité à répondre aux besoins des quartiers en matière de développement, d’aménagement urbain et de gestion des services publics.

À noter enfin que l’Assemblée populaire communale d’El Braya, relevant de la daïra d’Oued Tlelat, a procédé récemment à l’élection d’un nouveau président. Cette désignation intervient à la suite de la suspension du précédent responsable, concerné par une procédure judiciaire. À l’issue d’un vote unanime, le membre Achoura Noureddine a été installé à la tête de la commune par intérim.