Wassila. B
Le président Tebboune, a assuré que l’Algérie n’hypothèquera ni son indépendance ni ses richesses, qui appartiennent exclusivement aux Algériens, soulignant l’importance de saisir les dimensions et les répercussions des événements internationaux actuels dans son environnement.
Lors de son entrevue périodique avec les représentants des médias nationaux, diffusée samedi soir sur les chaînes de Télévision et de Radio nationales, le président de la République a dit : « nous nous employons à régler nos problèmes par nous-mêmes car, par le passé, personne n’a été à nos côtés lorsque nous avons été confrontés à des épreuves ». « Aujourd’hui, nous pouvons régler les problèmes des citoyens, nous le faisons sans hypothéquer l’indépendance de l’Algérie ni ses richesses, qui appartiennent exclusivement aux Algériens ».
Appelant les médias nationaux à « être au fait des événements internationaux en cours dans l’environnement de l’Algérie », le président de la République a mis en garde contre « certains relais de la cinquième colonne qui se croyaient protégés par des parties étrangères qui les instrumentalisaient pour diviser la société, mais qui ont fini par comprendre qu’ils se sont fourvoyés sans qu’aucune partie ne puisse les protéger ».
Le président de la République a rappelé s’être engagé devant le peuple algérien, lors de sa prestation de serment, à « combattre quiconque oserait porter atteinte à l’unité nationale ou à l’une des composantes de l’identité nationale, qui sont protégées par la Constitution et les lois de la République ».
Il a également réaffirmé que la liberté d’expression est garantie en Algérie, à condition de respecter les lois de la République, les composantes de l’identité nationale et les traditions de la société, et à condition aussi que les idées exprimées soient celles de leurs auteurs et non pas des idées dictées par d’autres parties.
Le président de la République a assuré que l’intervention de la Justice algérienne dans les questions liées à l’expression d’opinion demeure « rare », précisant que « tout contrevenant aux principes statués par la Constitution, la loi algérienne et les traditions de la société, en paiera le prix, car la Justice est libre et elle a pour mission d’interdire l’injure et la diffamation ».
Il a par ailleurs fustigé le double discours de certains pays qui se targuent d’être des modèles de démocratie alors qu’ils infligent des peines d’emprisonnement à ceux qui affichent leur soutien à la cause palestinienne sur les réseaux sociaux.
Évoquant la visite effectuée par le pape Léon XIV en Algérie, le président de la République l’a qualifiée de « succès » marquant une étape importante dans le renforcement des relations entre l’Algérie et le Vatican, précisant que ses entretiens avec le pape ont porté essentiellement sur les relations bilatérales et la nécessité d’en faire des « relations pérennes et enrichissantes pour les deux parties ».
Barrer la route à l’argent sale
Il a indiqué avoir donné des instructions dans ce sens à l’ambassadeur d’Algérie auprès du Vatican, ajoutant avoir proposé au pape l’ouverture d’une ambassade du Vatican en Algérie, proposition ayant été accueillie favorablement.
Le président de la République a estimé que cette visite a « réfuté le mythe de l’ancien colonisateur prétendant avoir été à l’origine de la création de l’Algérie », le pape ayant mis en évidence « l’enracinement historique de l’Algérie, qui remonte à saint Augustin et bien avant ». Cette visite « place l’Algérie dans sa position naturelle », celle d' »intermédiaire fiable qu’elle a toujours été », mettant en exergue son rôle dans le dialogue entre les religions et le rapprochement des peuples. Il s’est également arrêté sur la visite du souverain pontife à Djamaâ El-Djazaïr, disant que « ceux qui ne connaissent pas l’Algérie ont pu voir cet édifice, troisième plus grande mosquée du monde ».
Concernant les législatives du 2 juillet prochain, le président de la République a assuré que toutes les conditions sont réunies pour garantir l’intégrité du processus électoral, soulignant que la création de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) s’inscrit dans la politique de l’État visant à éviter toute suspicion susceptible d’entacher ce processus. Après avoir relevé que « le terme de fraude électorale n’a plus cours et ne figure plus dans le vocabulaire politique des Algériens », il a mis en avant les efforts de l’État visant à barrer la route à l’utilisation de l’argent sale et à interdire la transhumance politique. « Toute tentative de porter atteinte à l’intégrité des élections se heurtera à la loi », a-t-il averti. « Nous œuvrons à bâtir un État inébranlable, fondé sur des bases solides ».
À une question sur les informations circulant au sujet de l’achat de cartes d’adhérent auprès de partis politiques et de l’investiture de candidats, le président de la République a prévenu que « toute personne dont l’implication est avérée fera face à des poursuites pénales pouvant entraîner la suspension, la révocation, le retrait de confiance et la levée de l’immunité par le biais de la Cour constitutionnelle ». « La loi est claire et sera appliquée à tous. Nul n’est au-dessus de la loi », a-t-il rappelé.
S’agissant de la participation des femmes à la vie politique, le président de la République a indiqué que « l’accès des femmes au champ politique doit reposer sur leurs idées et leurs capacités à développer la société », estimant que « l’instauration de quotas pour la représentation féminine pourrait être contreproductive ».
Concernant les pratiques commerciales illégales, le président de la République a averti que l’État ne tolérera aucune atteinte aux moyens de subsistance des Algériens, prévenant que « quiconque spéculera sur les moutons de l’Aïd en paiera le prix fort ». Il a également mis en garde contre certaines pratiques enregistrées dans l’activité d’exportation, notamment la sous-facturation, indiquant que des cas de non-rapatriement de devises issues des exportations, d’une valeur de 350 millions de dollars, ont récemment été constatés. « Nous nous sommes débarrassés de la +issaba+ qui s’adonnait à la surfacturation pour nous retrouver face à une autre +issaba+ qui se livre à la sous-facturation », a-t-il déploré.
Des indicateurs positifs
Le président Tebboune, a souligné l’importance des indicateurs de développement positifs enregistrés par l’économie nationale, d’où la nécessité de poursuivre cette dynamique à travers la diversification de l’économie et le renforcement des exportations hors hydrocarbures.
Rappelant que la diversification de l’économie « est devenue aujourd’hui une réalité », après avoir été « pendant des décennies un simple slogan », le président de la République a souligné que la compétitivité de plusieurs secteurs industriels a permis de donner un élan fort aux exportations hors hydrocarbures.
L’Algérie ambitionne d’atteindre entre 8 et 9 milliards de dollars d’exportations par an hors hydrocarbures, alors que plusieurs filières industrielles, telles que les équipements électroménagers, la sidérurgie et l’industrie agroalimentaire, connaissent une demande croissante sur les marchés extérieurs, après que le pays en importait une grande partie, a relevé le président de la République.
Il a salué l’objectif fixé par le Conseil du renouveau économique algérien (CREA) d’atteindre près de 30 milliards USD d’exportations hors hydrocarbures à l’horizon 2030, estimant que ces objectifs permettront de placer les équilibres financiers de l’Etat dans une situation « confortable ».
Le président de la République a également relevé que les réformes engagées par l’Etat dans le domaine financier ont été saluées par le Groupe d’action financière (GAFI), qui « s’est dit satisfait des progrès réalisés par l’Algérie », avec la perspective d’une sortie du pays de la liste grise après la finalisation des procédures nécessaires.
Concernant le paiement électronique et la facturation, il a précisé qu’ »il n’est pas possible de passer rapidement du paiement en espèces au paiement électronique », soulignant que ce processus se fera « par étapes ».
Le paiement en espèces constitue une source d’introduction de fausse monnaie, a-t-il mis en garde, notant que des devises contrefaites ont été introduites depuis certains pays pour l’achat de moutons algériens, et que la thésaurisation hors circuit bancaire empêche la détection de billets falsifiés.
L’un des principes fondamentaux adoptés dans ce processus est de ne pas exporter les matières premières minières à l’état brut, mais de les transformer localement, qu’il s’agisse du phosphate, du fer, du zinc ou des produits agricoles, afin de créer de la richesse et de renforcer le tissu industriel national, a précisé le président de la République.
Evoquant les grands projets, notamment celui de Bled El Hadba, devant générer d’importants emplois et contribuer à la valorisation du phosphate à travers la production d’engrais et de leurs dérivés, le président de la République a souligné que le véritable développement repose sur la « création de richesse et d’emplois hors hydrocarbures ».
L’Algérie poursuit les opérations d’exploration des hydrocarbures en vue d’augmenter la production, parallèlement à la préparation des mutations démographiques à venir, a-t-il relevé, ajoutant que le pays s’oriente vers la réalisation de grands projets dans le secteur des hydrocarbures, notamment dans l’exploration offshore et dans les wilayas du Sud.
Il a insisté sur l’importance d’intégrer les diplômés universitaires, estimés à 250.000 par an, dans la vie économique, estimant qu’il s’agit « d’une synergie générale », visant à construire une économie libérée des hydrocarbures et basée sur l’initiative. Il a ajouté, dans ce sens, que l’objectif « ne se limite pas à l’exploitation du phosphate, mais concerne la révision de tout le système économique ».




