H. Nassira

La liste des candidatures du Front de libération nationale (FLN) dans la wilaya d’Oran pour les prochaines élections législatives a été dévoilée dans un climat de surprise et de recomposition interne. Sur les 22 noms retenus, 15 figurent pour la première fois sur une liste électorale, dont six candidats suppléants, marquant une ouverture inédite à de nouveaux profils politiques.

Le dossier a été officiellement déposé ce lundi auprès de la délégation de l’Autorité nationale indépendante des élections à Oran, dans l’attente de son examen et de sa validation.

Seddiki Bouabdallah en tête d’une liste profondément remaniée

En tête de liste, le FLN a désigné Seddiki Bouabdallah, suivi de Bouchikhi Cheikh, secrétaire de wilaya du parti et candidat à un second mandat parlementaire. La troisième position revient à Djelat Abdelkrim, cadre connu du parti, directeur de la CNAS d’Oran et ex-membre de l’Assemblée populaire de wilaya.

La représentation féminine est assurée par plusieurs figures politiques, dont Méoufida Diab, ancienne membre du bureau politique et actuelle membre du comité central, forte de deux mandats au niveau local, ainsi que Zoulikha Mekki, ancienne députée et membre du bureau politique.

Dans le volet jeunesse, deux nouveaux noms apparaissent en fin de liste : Salem Amel et Nourbeman Aizouni, qui signent leur première participation à une compétition électorale sous les couleurs du FLN. L’une d’elles est issue du Conseil supérieur de la jeunesse.

La liste comprend également le cadre Kamel Ahmed, figure historique du parti à Oran, acteur central de l’organisation du congrès du FLN et de la structuration des sections locales. Membre du comité central, il occupe actuellement un poste de responsabilité au sein de la mouhafadha.

Plusieurs députés sortants reconduits

Trois députés sortants figurent également parmi les candidats, à savoir Oussama Arabaoui, Bessiri Mostafa et l’ancien parlementaire Helaïli Salim, confirmant une volonté de continuité partielle au sein de la formation politique.

Une large ouverture aux nouveaux profils

La liste accorde une place significative aux nouvelles candidatures. Deux d’entre elles occupent même des positions stratégiques dans le classement : Abderabi Abdelmoumen, placé en quatrième position, et Kerzabi Mohamed Reda, en cinquième place.

Selon des sources internes, le document final aurait fait l’objet de plusieurs ajustements de dernière minute, avec des modifications portant sur cinq noms. Ces changements ont alimenté des débats au sein des rangs militants, entre partisans d’un renouvellement assumé et critiques d’un manque d’ancrage militant chez certains nouveaux candidats.

Par ailleurs, plusieurs membres de la commission centrale ainsi que des cadres de la mouhafadha n’ont pas été retenus, leurs dossiers ayant été écartés lors de la phase de sélection.

Un repositionnement politique sous contrainte de renouvellement

Des observateurs estiment que cette configuration traduit un infléchissement notable dans la stratégie de sélection du FLN, désormais tenu de se conformer aux dispositions légales relatives à la représentativité des jeunes, fixée à 50 % des listes.

Longtemps accusé de fermeture interne, le parti semble engager une phase de recomposition, en intégrant de nouveaux profils issus aussi bien des structures locales que des anciens élus et cadres centraux.

Élaborée après un examen approfondi des candidatures, la liste met en avant, selon des sources proches du parti, des critères combinant représentativité, équilibre interne et exigences d’intégrité.

Dans un contexte de fortes tensions internes, cette liste rebat les cartes au sein du FLN à Oran et suscite de nombreuses réactions, en attendant la décision finale de l’Autorité indépendante des élections, seule habilitée à valider la configuration définitive des candidatures.