H. Nacéra

Les points de vente de bétail à travers la wilaya d’Oran connaissent, depuis jeudi et vendredi, une activité plus soutenue à l’approche de l’Aïd, marquée par une offre plus diversifiée et un léger infléchissement des prix des moutons, estimé à environ deux millions de centimes par rapport aux niveaux affichés ces derniers jours. Une évolution encore timide, mais qui alimente l’espoir d’une baisse plus significative dans les prochains jours, notamment pour les ménages à revenus modestes, alors que certains éleveurs commencent à proposer des ovins à partir de huit millions de centimes.
Au point de vente de Sidi Chahmi, à  haï Nedjma (Cheteibo), une affluence modérée a été constatée jeudi, avec l’arrivée de plusieurs éleveurs en provenance notamment de la wilaya de Tiaret. Sur place, quelques acheteurs ont franchi le pas en versant des avances pour réserver leur mouton, après avoir constaté un recul relatif des prix. Toutefois, ces transactions demeurent limitées, la majorité des visiteurs préférant observer l’évolution du marché avant de s’engager.
Nombre de citoyens repartent ainsi sans achat, se contentant d’examiner l’offre jugée abondante, tout en espérant une nouvelle baisse des prix dans les jours à venir. Cette prudence traduit un attentisme général face à un marché encore jugé instable.
Sur le terrain, les négociations entre vendeurs et acheteurs se poursuivent de manière soutenue. Les citoyens tentent d’obtenir des réductions supplémentaires, tandis que les éleveurs défendent des prix encore élevés. Dans ce contexte, il reste particulièrement difficile de trouver un mouton de gabarit moyen autour de 10 millions de centimes, les prix constatés oscillant plutôt entre 12,5 et 14 millions de centimes.

Les moutons de taille moyenne, toujours les plus recherchés

Les ovins de taille moyenne continuent de concentrer la plus forte demande. Nombre de citoyens affirment avoir ciblé cette catégorie, avec l’espoir d’acquérir un mouton dans une fourchette de huit à neuf millions de centimes. Or, la réalité du marché s’en éloigne largement, contraignant plusieurs ménages à revoir leurs attentes ou à renoncer temporairement à l’achat.
Les moutons de petit gabarit, de leur côté, sont proposés entre 10, 10,5 et 11 millions de centimes, des niveaux jugés encore élevés par de nombreux acheteurs, au regard de leur pouvoir d’achat.
Un éleveur présent sur place a indiqué, pour sa part, qu’il prévoit l’acheminement, dès ce samedi, d’un lot de moutons affichés à 8,5 millions de centimes. Il a également rappelé qu’un précédent lot, proposé la semaine dernière à 7 millions de centimes, avait trouvé preneur, précisant que ces bêtes proviennent de la wilaya de Tiaret.
À ce stade, peu de citoyens ont effectivement pu finaliser l’achat de leur sacrifice, même par le biais d’avances, beaucoup préférant temporiser face à des prix encore jugés excessifs.

Une alternative qui prend forme avec la viande importée

En parallèle, des initiatives commerciales commencent à se développer autour de la vente de viande ovine importée déjà abattue, proposée à des prix plus accessibles, inférieurs à 1 500 dinars le kilogramme. Les abats complets, incluant le foie et le « bouzelouf », sont quant à eux commercialisés autour de 1 200 dinars.
Cette alternative suscite un intérêt croissant de la part des consommateurs, dans un contexte de tension sur les prix de la viande locale, certains commerces affichant la viande importée jusqu’à 2 500 dinars le kilogramme.
Face à cette situation, de nombreux citoyens appellent à la multiplication de points de vente à des prix encadrés, estimant que la hausse actuelle dépasse largement leurs capacités financières. Plusieurs affirment avoir eu recours à des emprunts ou à des avances sur salaire, sans parvenir pour autant à réunir le budget nécessaire, le prix d’un mouton dépassant désormais, dans de nombreux cas, le revenu mensuel moyen.