S Hadjar
L’Université d’Oran 2 Mohamed Benahmed a donné, jeudi, le coup d’envoi de la première édition du salon « Link », un événement qui dépasse le simple cadre d’une rencontre entre étudiants et recruteurs pour s’inscrire dans une dynamique plus large de réajustement des trajectoires de formation face aux mutations du marché du travail.
Derrière la présence d’une trentaine d’exposants issus du monde économique et des dispositifs d’accompagnement à l’emploi et à l’entrepreneuriat, c’est surtout une interrogation centrale qui se dessine : comment transformer le passage universitaire en véritable levier d’insertion professionnelle dans un contexte où les compétences demandées évoluent plus vite que les cursus académiques.
Un espace de confrontation directe entre attentes et réalités
Installé comme un point de contact direct entre étudiants, diplômés et acteurs économiques, le salon a été conçu pour exposer sans filtre les besoins réels des entreprises et les profils recherchés. L’objectif affiché est de réduire la distance persistante entre les formations dispensées à l’université et les exigences concrètes du marché de l’emploi.
Selon les organisateurs, cette initiative vise moins à présenter des opportunités ponctuelles qu’à instaurer une logique de dialogue continu, où l’orientation professionnelle ne se limite plus à la fin du cursus, mais s’anticipe dès les premières années d’études.
L’université face à son rôle élargi
L’événement, porté par le Bureau de liaison entre l’université et l’entreprise économique, illustre une évolution progressive du rôle de l’institution universitaire. Celle-ci n’est plus seulement un espace de transmission de savoirs, mais tend à devenir un acteur impliqué dans la construction des parcours professionnels.
La responsable du bureau a souligné que ce type de rencontre permet aux étudiants de mieux appréhender les compétences recherchées et d’ajuster leurs choix de spécialisation en fonction des réalités économiques. L’enjeu, selon elle, est d’introduire une forme d’anticipation dans les parcours académiques afin de limiter les décalages constatés à la sortie de l’université.
Le tissu économique en position d’interlocuteur direct
Du côté des acteurs économiques, la Chambre de commerce et d’industrie d’Oran considère ce type de salon comme un outil de rapprochement utile avec un vivier de jeunes diplômés parfois éloignés des logiques de terrain.
Pour son représentant, l’intérêt réside autant dans la découverte des opportunités d’emploi que dans la sensibilisation aux parcours de création d’activité, notamment à travers les micro-entreprises et les startups. Cette approche met en avant une diversification des débouchés, au-delà du seul recrutement classique.
Des ateliers pratiques pour compléter l’approche théorique
Au-delà des échanges institutionnels, le programme du salon inclut des ateliers consacrés aux outils pratiques de recherche d’emploi, à la rédaction de CV, ainsi qu’aux compétences de communication professionnelle. Des séances d’orientation complètent ce dispositif, avec une attention particulière portée à la préparation des étudiants aux codes du monde professionnel.
Cette dimension opérationnelle traduit une volonté de combler les écarts souvent relevés entre les connaissances académiques et les exigences des processus de recrutement.
Au final, le salon « Link » s’inscrit dans une tendance plus large observée dans les universités algériennes, où la question de l’employabilité devient un axe central des politiques de formation. L’événement met en lumière une réalité désormais partagée : la nécessité de repenser les passerelles entre université et monde économique, dans un contexte de transformation rapide des métiers et des compétences attendues.




