Toufik K
La relance du projet « Châteauneuf » s’invite de nouveau dans l’actualité. En visite de terrain mercredi dernier, le wali d’Oran, Brahim Ouchene, s’est rendu au niveau de cette imposante structure inachevée, située au cœur du site du Palais du Bey, afin d’évaluer l’état du dossier et ses perspectives de reprise.
Au point mort depuis plusieurs années, le projet reste suspendu à la levée du gel budgétaire introduite auprès du ministère des Finances. Une décision attendue, condition sine qua non pour mobiliser les financements nécessaires à l’achèvement de cette infrastructure et concrétiser son affectation future au profit de la commune d’Oran, conformément aux orientations des pouvoirs publics.
Derrière cette nouvelle tentative de relance se cache un long parcours marqué par des interruptions successives. Lancé en 1979 avec l’ambition d’ériger un hôtel de luxe de catégorie cinq étoiles, « Châteauneuf » a vu ses travaux stoppés dès le milieu des années 1980, laissant une carcasse de 18 étages à l’abandon. Une reprise dans les années 1990 n’a pas permis d’inverser la tendance, le chantier retombant rapidement dans l’inertie.
Au fil du temps, le projet a changé de vocation. Entre 2007 et 2019, l’option de reconversion en siège de l’Assemblée populaire communale d’Oran a été privilégiée, soutenue par d’importants financements publics, dont deux enveloppes successives d’un milliard de dinars chacune. Malgré ces engagements, les contraintes techniques, financières et administratives ont freiné toute avancée significative.
Plus récemment, en 2024, l’ancien wali d’Oran, Saïd Sayoud — aujourd’hui ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports — avait confirmé la poursuite de cette reconversion, à l’issue de concertations avec la société civile. Une orientation qui demeure d’actualité, bien que toujours tributaire de décisions financières.
En remettant ce dossier au centre des priorités, la visite du wali traduit une volonté de sortir de l’impasse un projet emblématique des lenteurs urbaines. Entre héritage architectural et impératifs de développement, « Châteauneuf » reste aujourd’hui dans l’attente d’un arbitrage décisif pour tourner définitivement la page de plusieurs décennies d’incertitudes.




