
Wassila. B
Par sa réunion de coordination tenue dimanche avec les walis, les chefs de daïras et les directeurs de l’exécutif, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a envoyé un signal fort. À l’approche du mois sacré du Ramadhan, ce rendez-vous par visioconférence n’avait rien d’une formalité administrative. Il s’inscrit dans une logique de gouvernance qui allie, avec une acuité particulière, la gestion des urgences quotidiennes et la planification stratégique. D’un côté, il y a l’immédiat. Le Ramadhan est un moment de spiritualité, de partage et de convivialité, mais c’est aussi une période de forte tension sur les services publics. Le ministre l’a parfaitement compris en recentrant le débat sur des préoccupations concrètes : la disponibilité des produits de large consommation, l’intensification du contrôle des marchés, ou encore la permanence des transports, notamment en soirée. En insistant sur le rôle des cellules de vigilance, M. Sayoud ne se contente pas de donner des instructions descendantes. Il actionne un maillage territorial censé remonter les dysfonctionnements en temps réel. C’est la marque d’un État qui ne veut plus subir, mais anticiper.
L’accent mis sur la propreté des lieux publics et sur l’information préalable des citoyens en cas de coupures techniques est tout aussi révélateur. Derrière ces consignes, c’est une certaine idée du respect du citoyen qui est défendue. Dans un mois où les familles se réunissent tard dans la nuit, l’éclairage public, l’hygiène des quartiers et la fiabilité des réseaux ne sont pas des détails : ils sont le cadre même d’un Ramadhan apaisé. En liant ces aspects au travail des collectivités locales, le ministre rappelle que la qualité de vie ne se décrète pas à Alger, mais se construit dans chaque rue, chaque commune. De l’autre côté, il y a l’avenir. La réunion a également été l’occasion de plonger dans les arcanes budgétaires avec l’évaluation des affectations de 2025 et la présentation de celles de 2026. C’est là que l’on perçoit la vision d’un ministre soucieux de cohérence. Un programme d’appui au développement socio-économique des communes ou les allocations de la Caisse de solidarité et de garantie des collectivités locales ne sont pas de simples lignes comptables. Ce sont les leviers qui permettront, demain, de réduire les disparités régionales et d’offrir aux citoyens des services de qualité.
En donnant instruction aux walis de finaliser les programmes spécifiques à chaque wilaya dans les délais, Saïd Sayoud pose un principe fondamental : l’argent public doit être consommé utilement et rapidement. La lenteur administrative, trop souvent dénoncée, n’a plus sa place dans une approche où le suivi est rigoureux et les échéances impératives. Ainsi, en une seule réunion, le ministre a tenu les deux bouts de la chaîne : la gestion attentive du quotidien et la prospective budgétaire. C’est à ce prix que l’action publique retrouve du sens. En rappelant aux walis que leur mission est autant d’assurer la sérénité du citoyen pendant le Ramadhan que de bâtir les fondations du développement local, M. Sayoud dessine les contours d’une gouvernance moderne, exigeante et résolument tournée vers l’humain.


