
Wassila. B
Le Fonds monétaire international (FMI) vient de rendre un verdict qui, dans un ciel économique mondial chargé de nuages, fait figure d’éclaircie. En révisant à la hausse sa prévision de croissance pour l’Algérie en 2026 à 3,8 %, contre 2,9 % anticipés en octobre dernier, l’institution de Washington envoie un signal clair : malgré les secousses géopolitiques, les prix volatils des hydrocarbures et l’atonie de plusieurs partenaires européens, l’économie algérienne résiste, et même, elle accélère.
Ce chiffre de 3,8 % n’est pas anodin. Il représente une progression de près d’un point par rapport à l’automne dernier. Et il se rapproche, sans tout à fait l’atteindre, de l’objectif plus optimiste du gouvernement algérien, qui table sur 4,1 % dans la dernière loi de finances. L’écart est mince, mais il dit une vérité : la prudence du FMI n’est pas du scepticisme, mais une alchimie entre réalisme et reconnaissance des efforts accomplis.
Comment expliquer cette embellie ? D’abord, par une gestion plus rigoureuse des équilibres macroéconomiques. L’Algérie a su tirer parti d’une rente pétrolière et gazière encore confortable, tout en limitant la surchauffe des dépenses publiques. Ensuite, par une volonté affichée de diversifier son économie : l’industrie manufacturière, les services et le BTP, dopés par un vaste programme de logements et d’infrastructures, contribuent désormais davantage au PIB. Enfin, le pays bénéficie d’une relative stabilité monétaire et d’une inflation qui, sans être totalement domptée, montre des signes d’apaisement.
Reste que ce chiffre de 3,8 % ne doit pas occulter des défis structurels. La croissance algérienne a entamé une sortie de la dépendante des hydrocarbures, dont les cours demeurent imprévisibles. Une baisse brutale des prix du pétrole en 2026 suffirait à réduire à néant ces belles projections. Par ailleurs, le secteur privé, bien que dynamique dans certains créneaux (agroalimentaire, numérique, start-up), ambitionne de devenir le moteur principal de la création d’emplois. La création d’emplois pour les jeunes, notamment des diplômés, reste un défi sociétal brûlant.
Alors, que retenir de ce rapport du FMI, dévoilé lors des réunions de printemps à Washington ? Que l’Algérie a su, mieux que d’autres pays émergents, amortir les chocs extérieurs. Que ses politiques budgétaires, commencent à porter leurs fruits. La véritable leçon de cette révision à la hausse est ailleurs : elle est une fenêtre d’opportunité. Pour transformer une croissance de 3,8 % en un développement inclusif et durable, l’Algérie veut accélérer les réformes : améliorer le climat des affaires, digitaliser l’administration, lutter contre la bureaucratie, et surtout, investir massivement dans la formation et l’innovation. Le FMI a corrigé ses chiffres. Le cap pour que 2026 ne va pas une seulement une simple bonne année, mais le début d’un nouvel élan. La confiance des institutions financières internationales est une denrée précieuse.



