Mémoire et souveraineté, boussole de l’Algérie nouvelle

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Wassila. B

Il est des dates qui, par leur seule évocation, condensent l’âme d’une nation. Le 24 février est de celles-là. En commémorant simultanément le 70e anniversaire de la fondation de l’UGTA et le 55e anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures, le président Abdelmadjid Tebboune n’a pas seulement rendu hommage au passé : il a tracé un axe clair entre la lutte pour l’indépendance et la souveraineté économique, invitant les Algériens à puiser dans cette mémoire collective les ressorts de l’avenir. Car c’est bien de filiation qu’il s’agit. D’un côté, il y a ces « camarades de l’emblématique martyr Aïssa Idir », ces ouvriers et syndicalistes qui, en 1956, ont fait le choix de la lutte armée, scellant l’alliance indéfectible entre le mouvement ouvrier et le combat libérateur. En faisant de l’UGTA un « bastion de l’engagement national », ils ont inscrit dans l’ADN du syndicalisme algérien une dimension patriotique qui, comme l’a souligné le chef de l’État, s’est transmise « de génération en génération », traversant les épreuves. De l’autre côté, il y a le geste souverain de 1971. La nationalisation des hydrocarbures fut un acte de libération économique, un défi lancé par des ingénieurs et des techniciens algériens qui ont prouvé au monde que la gestion des ressources nationales pouvait et devait être assumée par les fils de ce pays.

En reliant ces deux événements, le discours présidentiel dépasse la simple commémoration. Il construit un récit national cohérent : le travailleur algérien, qu’il soit en usine ou sur un champ pétrolier, est l’héritier d’une double légitimité, celle du martyr et celle du bâtisseur. Aujourd’hui, cette légitimé porte ses fruits. Le président Tebboune a rappelé avec fierté les chiffres qui parlent d’eux-mêmes : septième exportateur mondial de gaz, troisième fournisseur de l’Europe, troisièmes réserves pétrolières d’Afrique. Ces performances ne sont pas le fruit du hasard, mais la résultante d’un savoir-faire patiemment accumulé depuis 1971, d’une « maîtrise » et d’une « qualification » que le chef de l’État a tenu à saluer. Mais le message le plus fort réside peut-être dans la projection vers l’avenir. En reliant l’héritage des « pionniers fondateurs » aux « grands projets mis en service ces dernières années », à l’image de la ligne ferroviaire minière de l’Ouest, le président Tebboune ancre sa politique dans une « doctrine de la nouvelle Algérie » qui se veut à la fois fidèle aux « principes de Novembre » et résolument pragmatique. Une doctrine qui place le travail et la compétence au cœur du développement durable, et qui encourage les jeunes talents à « l’excellence technique ».

En cette journée du 24 février, l’Algérie ne regarde donc pas son passé avec nostalgie, mais avec la détermination de ceux qui savent d’où ils viennent pour mieux savoir où ils vont. Le message est clair : la souveraineté chèrement acquise par les martyrs et par les bâtisseurs de 1971 est aujourd’hui entre les mains des travailleurs, des cadres et de la jeunesse. À eux de poursuivre l’œuvre, dans ce même esprit de dévouement et de fierté nationale, pour faire de l’Algérie une nation toujours plus forte et plus respectée.