S Hadjar 

À Oran, la 18ᵉ édition de la série des Dourouss Mohammadia, organisée par la zaouïa Belkaïdia Hebria à Sidi Maârouf, met une nouvelle fois en lumière la contribution des savants algériens à la langue arabe. Lors de la neuvième journée des rencontres, le Dr Mabrouk Zaid El-Kheir, président du Haut Conseil islamique, a retracé l’histoire d’un engagement intellectuel qui traverse les époques.

La langue arabe, un trésor protégé

Dans sa conférence intitulée « L’impact des savants algériens au service de la langue arabe », le Dr Zaid El-Kheir a rappelé combien la langue arabe, et tout particulièrement le Saint Coran, représente le sommet de l’éloquence et une source inépuisable de savoir. Il a également souligné les efforts des zaouïas et des écoles coraniques, véritables bastions face aux tentatives coloniales d’effacer l’enseignement de l’arabe.

« Ces institutions ont formé des générations à la mémorisation du Coran et à ses sciences, tout en servant de foyers intellectuels et spirituels », a-t-il précisé, insistant sur leur rôle dans la préservation de l’identité culturelle et religieuse.

Une tradition de savoirs et de rayonnement

L’Algérie a vu naître et prospérer de nombreux centres de rayonnement intellectuel, de Tlemcen à Béjaïa, en passant par Constantine, Biskra ou encore la Kalâa des Béni Hammad. Ces foyers attiraient des étudiants venus d’Europe et du monde islamique pour étudier le fiqh, la grammaire, la rhétorique et les sciences coraniques.

Le conférencier a également rendu hommage à des figures marquantes comme Abi Ras En-Naciri, auteur de Ad-Dorra Ath-Thamina fi An-Nahw, Yahya Ech-Chaoui, commentateur du Tafsir d’Ibn Malik, ou encore Abou Abdallah At-Tlemceni, Ibn Marzouk At-Tlemceni et Mohamed Abdelkrim Al-Maghili, dont les travaux ont durablement façonné la langue arabe.

Savoirs soufis et éducation contemporaine

La journée a également accueilli des interventions internationales : le Dr Mohamed Mahmoud Abou Hachem d’Égypte a présenté la modération de la pensée soufie, tandis que le Dr Khalil Ismail Ilyas d’Irak a évoqué les défis de l’éducation soufie dans le monde moderne.

La clôture, prévue samedi, mettra en avant l’œuvre de l’imam As-Suyuti et la vision éducative du cheikh Dr Mohamed El-Maamoun El-Kacimi El-Hassani, doyen de la Grande Mosquée d’Algérie.

Une rencontre annuelle incontournable

Depuis plusieurs années, la série des Dourouss Mohammadia réunit savants et jurisconsultes de divers pays – Égypte, Liban, Turquie, Irak, Tunisie, Syrie et Soudan – pour célébrer l’excellence intellectuelle et spirituelle de l’Algérie. Au-delà de la dimension religieuse, ces rencontres sont un hommage vibrant au rôle des savants dans la sauvegarde et la transmission du patrimoine linguistique et culturel arabe.