Djamila M
À l’occasion de la Journée arabe de la langue arabe, l’Académie oranaise des études scientifiques et de l’interaction culturelle a réuni chercheurs et experts pour plaider en faveur d’initiatives concrètes visant à développer la langue arabe dans l’univers numérique et l’éducation moderne, afin de préserver son rôle culturel et identitaire face aux mutations technologiques.
De la préservation à l’action numérique
La Journée arabe de la langue arabe, célébrée chaque 1er mars, a été l’occasion d’une réflexion approfondie sur l’avenir de la langue arabe face aux transformations numériques. Organisée par l’Académie El Wahrani des études scientifiques et de l’interaction culturelle, la conférence a mis en lumière la nécessité de dépasser le simple discours sur la conservation de la langue pour initier des projets pratiques et innovants.
Les participants ont insisté sur l’importance de renforcer la coopération entre chercheurs, institutions académiques et développeurs technologiques afin de garantir une présence active de l’arabe dans l’espace numérique mondial. L’objectif : faire de la langue arabe un vecteur moderne de savoir, de culture et de développement durable.
Un cadre scientifique d’échanges et de visions
La manifestation, intitulée « La langue arabe à l’ère de la transformation numérique : vers un développement durable » et placée sous le slogan « Notre arabe, notre richesse », a accueilli des experts venus d’Algérie et d’autres pays arabes, offrant une dimension scientifique et culturelle largement reconnue.
Pour la présidente de l’Académie, la professeure Dr. Souad Besnassi, l’événement représente « un espace privilégié pour le dialogue et l’échange de visions sur le futur de la langue arabe dans l’environnement numérique ». Elle a souligné que l’académie œuvre depuis plusieurs années à promouvoir la sensibilisation scientifique et culturelle et à renforcer le débat académique sur les questions linguistiques, faisant de l’arabe un pilier de l’identité et un outil actif de production de connaissances.
Des pistes concrètes pour la durabilité
Lors de la conférence, la professeure Besnassi a présenté une communication intitulée « La langue arabe et la numérisation : chemins vers la durabilité », exposant les moyens d’intégrer l’arabe dans les plateformes numériques et technologies modernes, et soulignant la nécessité de développer le contenu numérique arabe pour consolider sa présence dans les nouveaux espaces de savoir.
Le professeur Dr. Kada Agag a abordé, pour sa part, les défis structurels que rencontre la langue arabe dans l’univers digital, tels que les obstacles techniques, le déficit de contenu numérique et la faible intégration de l’arabe dans les applications d’intelligence artificielle. Il a proposé des mécanismes stratégiques pour renforcer son rôle dans la communication et la technologie contemporaines.
Des experts étrangers ont également partagé leurs perspectives. La Dr. Najlaa Nassir, d’Égypte, a rappelé que « la langue arabe est le bouclier de l’identité culturelle, un réservoir de mémoire collective face aux défis de la mondialisation ». La Dr. Ibtissam Safar, de Libye, a exploré le lien entre langue et mémoire poétique à travers l’analyse du recueil Oracles de Delphes de la Dr. Moufida Gibran, montrant l’impact de la langue sur la création contemporaine.
La conférence a ainsi constitué un moment scientifique de partage et de réflexion, réaffirmant la nécessité de passer de l’approche théorique à des initiatives concrètes, pour assurer une présence renforcée de la langue arabe dans le numérique et sa continuité en tant que vecteur de culture et de savoir.




