L’Algérie exportatrice se réinvente

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Wassila. B

Pendant des décennies, l’économie algérienne a vécu au rythme capricieux des cours du baril, prisonnière d’une rente étouffante qui a longtemps éclipsé le potentiel productif du pays. En cette année 2026, un vent inédit de renouveau souffle. Les prévisions prometteuses dévoilées mercredi à Alger par l’Association nationale des exportateurs algériens (ANEXAL) ne sont pas de simples déclarations d’intention : elles esquissent les contours d’une nation qui s’affranchit de sa dépendance historique aux hydrocarbures.

Ce qui frappe dans cette dynamique, c’est le passage assumé de la théorie à la pratique. Sous l’impulsion du président de la République Abdelmadjid Tebboune, la diversification économique est devenue un impératif absolu et structurant. Les résultats sont tangibles : de multiples cargaisons issues de secteurs inédits ont déjà franchi nos frontières, avec le vaste marché africain en ligne de mire, mais également de nouveaux horizons européens.

Cette vitalité nouvelle découle d’une stratégie offensive de conquête des marchés. Comme l’affirme Tarek Boulmerka, président de l’ANEXAL, le secret de cette réussite réside dans le contact direct. En accueillant des événements d’envergure, à l’image de la Foire commerciale intra-africaine (IATF) en septembre dernier, l’Algérie s’est érigée en un hub commercial de premier plan, permettant à ses opérateurs de signer des contrats fermes. L’époque où l’entreprise se cantonnait à son marché intérieur est révolue ; elle part à la conquête du monde avec audace.

L’ouverture stratégique de showrooms à l’étranger et la participation à des vitrines de renommée mondiale — comme les salons de Londres ou d’Alimentaria en Espagne — traduisent une maturation de notre tissu entrepreneurial. L’opérateur algérien a compris que l’excellence de son offre exige une diplomatie économique redoutable. Il ne suffit plus de produire, il faut savoir vendre et imposer le label « Made in Algeria » comme un standard de compétitivité sur l’échiquier mondial.

L’enjeu économique est fondamental pour l’avenir de la nation. L’engouement manifeste des exportateurs prouve que le gène de l’internationalisation s’ancre enfin durablement dans notre culture économique. L’Algérie regorge d’atouts comparatifs colossaux qui ne demandaient qu’à être structurés pour pouvoir rayonner sereinement bien au-delà de nos frontières.

Toutefois, pour que l’optimisme de l’ANEXAL se mue en une tendance irréversible, le cap doit être fermement maintenu par l’État. L’exportation est une course de longue haleine exigeant de la persévérance, une innovation constante et une logistique portuaire et financière infaillible pour amplifier cet élan.

L’année en cours a tout pour être le point de bascule historique où les exportations hors hydrocarbures deviendront la norme. Derrière ces navires quittant nos ports, c’est bien plus que de la marchandise qui s’exporte : c’est l’avenir d’une Algérie conquérante, diversifiée et maîtresse de son destin.