S Hadjar
Alors que le mois sacré de Ramadan touche à sa fin, les marchés d’Oran connaissent une flambée notable des prix des produits alimentaires, malgré une offre abondante de légumes, fruits et viandes. Une virée dans les marchés du centre-ville, à Miramar, Michetet et au marché de la rue des Aurès (La Bastille), révèle une tension importante sur les prix, qui met à mal le pouvoir d’achat des ménages déjà accablés par les dépenses liées au Ramadan et aux préparatifs de l’Aïd El Fitr.
Les légumes affichent des tarifs record : la carotte est cédée à 170 DA le kilogramme, la pomme de terre à 120 DA, la tomate à 180 DA et la salade verte à 300 DA. La viande n’est pas en reste : le poulet est vendu entre 450 et 470 DA le kg, tandis que la dinde atteint 1 200 DA le kg, un seuil jamais enregistré auparavant pour cette catégorie de viande.
Cette situation survient malgré une offre abondante sur les marchés, fruit de la mobilisation des producteurs et de la large distribution de produits agricoles, notamment via le marché de gros d’El Kerma, qui couvre 90 % des besoins en légumes et fruits de la wilaya. Selon les commerçants, les hausses de prix observées proviennent principalement des détaillants, qui appliquent des marges parfois comprises entre 50 et 100 DA, accentuant la pression sur les consommateurs.
Pour protéger les consommateurs, les autorités nationales ont mis en place un dispositif exceptionnel de contrôle des prix, de la qualité et des stocks. Les équipes d’inspection des directions du Commerce, appuyées par les services communaux et sécuritaires, sont mobilisées depuis plusieurs mois. Plus de 26 marchés de proximité ont été ouverts à travers la wilaya pour faciliter l’accès aux produits durant le Ramadan et les jours de fête, tandis que les commerçants sont rappelés à respecter les emplacements attribués, afin de limiter le commerce illégal sur les trottoirs et les voies publiques.
Malgré ces mesures, les familles restent contraintes par les dépenses liées au Ramadan et à l’Aïd. “Entre le poulet, les légumes et les tenues pour les enfants, le budget explose chaque année”, confie une mère de famille rencontrée à Miramar. Les consommateurs espèrent que la régulation des marchés permettra de contenir la hausse des prix et d’alléger le fardeau financier à l’approche des festivités.




