H.Nassira
À l’occasion de la deuxième édition du Journée nationale scientifique consacrée à la santé bucco-dentaire des personnes en situation de handicap, tenue à Oran sous l’égide de l’association « Sourire et Espoir » (Smile & Hope), de nombreux spécialistes de la santé ont plaidé pour la création d’unités spécialisées au sein des hôpitaux publics.
Les participants ont insisté sur la nécessité de mettre en place une unité pilote vouée à la prise en charge des enfants trisomiques, des personnes autistes et de tous ceux souffrant de handicaps lourds. Cette structure devrait regrouper dentistes, chirurgiens dentaires et psychologues, formés à la relation avec les patients vulnérables, afin de proposer des soins adaptés et sécurisants.
Dans une déclaration, la présidente de « Sourire et Espoir », la docteure Khoudja, a souligné que la prévalence des pathologies bucco-dentaires est élevée chez cette population, d’où la nécessité d’ouvrir un débat spécifique sur la prise en charge des trisomiques et autistes, en s’appuyant sur les compétences, moyens et retours d’expérience des professionnels.
Les enfants handicapés, souvent très agités, ne tolèrent pas facilement les fauteuils dentaires classiques, ce qui rend la prise en charge classique difficile, voire impossible. Les spécialistes recommandent alors un accompagnement psychologique, un environnement apaisant (couleurs, jeux, fauteuils spécialement aménagés) ainsi que l’utilisation de médicaments comme le Miotepad, qui réduit l’hyperactivité sans entraîner un sommeil complet. Pour la docteure Khoudja, la formation des chirurgiens dentaires et des familles est essentielle. « Nous accueillons à l’association une dizaine de patients par jour, pour des conseils et des orientations, et la recommandation centrale est de sensibiliser les parents afin qu’ils ne laissent pas leurs enfants souffrir en silence », précise‑t‑elle.
Un constat alarmant : 9 enfants sur 10 concernés
La docteure Feriha Zerrouki, spécialiste en chirurgie et pathologie bucco-dentaires, a souligné que près de 9 enfants sur 10 en situation de handicap présentent des problèmes de dents ou de bouche. L’âge des patients pris en charge s’étend de 4 à 35 ans, ce qui illustre l’ampleur du problème. Elle insiste sur l’obligation de former les professionnels, de sensibiliser les familles au brossage quotidien et à l’éducation à l’hygiène bucco-dentaire, et de développer des unités dédiées dotées de matériel adapté et d’équipes pluridisciplinaires. À Oran, l’ouverture d’une unité spécialisée au CHU « 1er Novembre 1954 » illustre déjà une avancée dans ce sens.




