L’Algérie et la Banque mondiale, un partenariat à consolider

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Wassila. B

La rencontre, lundi à Alger, entre Karima Bakir Tafer, Secrétaire d’État chargée des Mines, et Cemile Hacibeyoglu Ceren, représentante résidente du Groupe de la Banque mondiale en Algérie, n’est pas une simple formalité administrative. Elle s’inscrit dans une dynamique profonde de refondation d’un secteur clé pour l’avenir économique du pays : l’industrie minière.

Longtemps sous-exploité, le sous-sol algérien regorge de richesses considérables. Le fer de Gara Djebilet, le phosphate intégré, le zinc-plomb… autant de projets structurants qui ne sont plus des promesses lointaines, mais des chantiers en cours. Pourtant, leur succès ne repose pas uniquement sur les capacités techniques nationales. Il exige une ouverture méthodique aux expertises internationales et un accompagnement de haut niveau. C’est précisément là que le Groupe de la Banque mondiale prend tout son sens.

Les discussions ont mis l’accent sur l’assistance technique, l’échange d’expertises et le soutien aux investissements. Trois leviers essentiels. La Banque mondiale ne se contente pas de prêter des fonds ; elle apporte une vision globale, des benchmarks internationaux et une crédibilité auprès des investisseurs étrangers. Son intérêt affiché pour le secteur minier algérien est un signal fort : Alger peut désormais s’appuyer sur un partenaire influent pour accélérer la transformation locale de ses ressources.

Mais cette coopération ne doit pas se limiter à des consultations épisodiques. Il est impératif de passer à une phase opérationnelle concrète. D’abord, en matière de cadre juridique : le code minier algérien, déjà attractif, gagnerait à intégrer les recommandations de la Banque mondiale pour fluidifier les procédures et sécuriser les contrats. Ensuite, sur le volet formation : l’échange d’expertises doit bénéficier aux ingénieurs et techniciens algériens, afin de maîtriser toute la chaîne de valeur, de l’exploration à la transformation.

L’enjeu est également géopolitique. Dans un contexte de tensions sur les marchés des matières premières, l’Algérie a l’opportunité de devenir un fournisseur stable et responsable. La Banque mondiale peut l’aider à attirer des partenaires publics et privés de premier plan, tout en veillant aux standards environnementaux et sociaux.

Enfin, cette coopération doit être régulière et évaluée. Une feuille de route claire, avec des jalons précis, serait la bienvenue. Les deux parties ont montré leur volonté. Reste à la transformer en actions mesurables. Le secteur minier algérien est à un tournant. Avec un accompagnement adapté, il peut devenir un pilier de la diversification économique, loin de la seule rente hydrocarbonière. La main tendue par la Banque mondiale mérite d’être saisie fermement.