S.M

La wilaya d’Oran engage une refonte progressive de son dispositif de prise en charge des accidents vasculaires cérébraux (AVC), en misant sur la formation ciblée des praticiens et l’élargissement des capacités hospitalières. Une stratégie qui répond à un impératif majeur : réduire les délais d’intervention et améliorer le pronostic des patients.

C’est dans cette optique qu’une première session de formation spécialisée a été lancée lundi par la Direction de la santé et de la population (DSP), au profit d’une quarantaine de médecins coordinateurs et urgentistes issus de différentes structures sanitaires. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du plan d’action du comité des AVC récemment installé au niveau de la wilaya.

Au-delà de l’aspect pédagogique, cette formation marque une étape clé dans la structuration d’un dispositif jusque-là fragmenté. Adossée à la mise en place du registre des AVC, elle vise à mieux organiser la collecte des données épidémiologiques et à standardiser les protocoles de prise en charge. L’enjeu est double : disposer d’indicateurs fiables et renforcer la coordination entre les différents intervenants.

Le programme, étalé sur six mois, combine enseignement théorique et immersion pratique au sein des unités neurovasculaires. Il mobilise plusieurs spécialités, dont la neurologie, la radiologie, la réanimation et la cardiologie, dans une approche multidisciplinaire conçue pour optimiser la gestion des cas en phase aiguë.

En parallèle, les autorités sanitaires ont engagé un renforcement tangible des moyens hospitaliers. Le nombre de lits dédiés aux AVC a été porté à 34, répartis entre le CHU d’Oran, l’EHU, l’EPH Dr Balaska et l’établissement spécialisé des urgences de Oued Tlelat. Une montée en capacité qui vise à réduire la pression sur les structures universitaires, souvent saturées.

Cette dynamique devrait se poursuivre avec l’intégration progressive d’autres établissements publics disposant d’équipements de diagnostic avancés, notamment le scanner et l’IRM. L’objectif affiché est de rapprocher l’offre de soins des patients et de raccourcir les délais critiques d’intervention.

À travers cette démarche, le secteur de la santé à Oran amorce une transition vers une prise en charge plus réactive et mieux coordonnée des AVC, pathologie lourde dont l’issue dépend étroitement de la rapidité et de la qualité de l’intervention médicale.