Pr Hayat Houbad de l’université d’Oran 2  – « Le laboratoire vise à rapprocher la recherche universitaire des réalités économiques du secteur portuaire »

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Djamila. M

Le Laboratoire de droit du transport et des activités portuaires de l’université d’Oran 2 s’impose comme un espace scientifique dédié à l’analyse du cadre juridique régissant un secteur stratégique, celui du transport sous ses différentes formes. Dans un contexte marqué par des mutations rapides du secteur, tant au niveau national qu’international, ce laboratoire entend accompagner ces évolutions par la recherche et la réflexion académique.

Dans cet entretien, la professeure Hayet Houbad, directrice du laboratoire, revient sur les missions de cette structure et ses perspectives, soulignant la volonté constante de renforcer le lien entre l’université et son environnement économique, notamment dans le domaine du transport maritime, considéré comme un pilier essentiel de l’économie nationale.

CapDz: Comment définir le Laboratoire de droit du transport et des activités portuaires et quelles sont ses principales missions ?

Pr Houbad: Le laboratoire est un espace scientifique spécialisé dans l’étude des différents aspects juridiques liés au secteur du transport, qu’il soit terrestre, maritime ou aérien, ainsi qu’aux activités portuaires.

Ses principaux objectifs consistent à analyser et évaluer les textes législatifs et réglementaires dans ce domaine, à assurer la formation à travers des activités scientifiques organisées régulièrement, à ouvrir des perspectives de formation en doctorat et en master, mais aussi à encadrer et superviser des travaux de recherche. Il contribue également à la production d’expertises et à un rapprochement concret entre l’université et les institutions du secteur du transport, en particulier maritime.

CapDz: Quels sont aujourd’hui les principaux axes de recherche du laboratoire ?

Pr Houbad: Le laboratoire s’attache à suivre les évolutions du secteur du transport de manière générale, et du transport maritime en particulier, aux niveaux national et international.

Parmi les thématiques prioritaires figurent la sécurité de la navigation maritime, la sûreté portuaire et la sécurité routière, ainsi que l’étude des conventions internationales et de leur impact sur les législations nationales.

CapDz: Comment est née l’idée de création de ce laboratoire ?

Pr Houbad: Le Laboratoire de droit du transport et des activités portuaires a été créé par décision n°58 du 19 juin 2008, à l’initiative de la professeure Boukhatmi Fatima, ancienne directrice.

Cette création a constitué une étape importante dans la mise en place d’un espace de recherche spécialisé. Le laboratoire a progressivement structuré ses équipes et élargi ses activités scientifiques au fil des années.

CapDz: Combien de chercheurs et d’enseignants compte le laboratoire, et quel est son bilan scientifique récent ?

Pr Houbad: Le laboratoire compte actuellement 30 chercheurs répartis en quatre équipes de recherche, ainsi que six doctorants. Les membres appartiennent à différents grades académiques, allant des enseignants aux maîtres de conférences.

Ces dernières années, l’activité scientifique s’est intensifiée avec l’organisation de nombreuses manifestations scientifiques et la publication d’articles et d’ouvrages spécialisés dans le domaine du droit du transport et des activités portuaires.

Le laboratoire édite également une revue scientifique spécialisée intitulée Revue de droit du transport et des activités portuaires, agréée en 2014 et aujourd’hui à son quinzième numéro. Elle publie des articles scientifiques évalués par des pairs, provenant d’auteurs nationaux et internationaux. Plusieurs ouvrages ont également été publiés, dont un consacré à la sécurité maritime en Algérie.

CapDz: Qu’en est-il de la participation aux projets de recherche et de l’implication des doctorants et des étudiants de master ?

Pr Houbad: Au niveau international, le laboratoire n’a pas encore participé à des projets de recherche. En revanche, au niveau national, il a pris part à plusieurs projets, notamment un projet PRFU lancé en 2023 portant sur la sécurité portuaire et la sécurité de la navigation maritime, qui a contribué au développement de la recherche et de la formation.

Les doctorants participent activement aux activités du laboratoire, notamment à travers les journées doctorales et les ateliers de recherche, ce qui renforce leur formation scientifique et leur parcours académique.

CapDz: Comment le laboratoire contribue-t-il au développement de la recherche dans ce domaine en Algérie, et qu’en est-il des partenariats ?

Pr Houbad: Le laboratoire contribue au développement de la recherche à travers l’organisation de manifestations scientifiques réunissant universitaires et professionnels, tels que les officiers portuaires, les douaniers et les experts. Cette dynamique permet de rapprocher l’approche théorique des réalités du terrain.

Il travaille également sur l’analyse des conventions internationales et leur impact sur les législations nationales.

Plusieurs partenariats ont été établis, notamment avec l’entreprise portuaire d’Oran, ainsi qu’avec la direction de la pêche et de l’aquaculture. Ces collaborations visent à renforcer le lien entre l’université et son environnement économique.

CapDz: Quelles sont les activités scientifiques organisées et quels défis rencontrez-vous ?

Pr Houbad: Le laboratoire organise chaque année une variété d’activités scientifiques : colloques nationaux et internationaux, journées doctorales, ateliers, séminaires et conférences.

Ces manifestations contribuent à enrichir le débat scientifique et à favoriser l’échange d’expertises. Le laboratoire a enregistré ces dernières années un nombre important d’événements scientifiques, confirmant son dynamisme.

Parmi les principaux défis figure la nécessité de développer davantage de partenariats avec les acteurs économiques et sociaux, ainsi que de renforcer la coopération avec les centres spécialisés dans le domaine du transport. Le financement repose principalement sur les programmes nationaux, mais les ambitions de recherche nécessitent un soutien accru pour élargir les activités.

CapDz: Quelles sont les perspectives futures du laboratoire ?

Pr Houbad: Le laboratoire ambitionne l’ouverture d’un master professionnel spécialisé, ainsi que le renforcement de la formation spécialisée. Il vise également un plus grand rapprochement avec l’environnement économique et social, et l’élargissement de ses champs de recherche.

Aujourd’hui, il joue un rôle important dans le suivi des évolutions juridiques et l’organisation de débats scientifiques autour des transformations du secteur. Toutefois, de nouveaux objectifs sont fixés afin de consolider davantage ce rôle dans les années à venir.