Meriem B
La première session ordinaire de l’Assemblée populaire de wilaya (APW) d’Oran, tenue jeudi sous la présidence du wali Brahim Ouchene et du président de l’Assemblée Mohamed Chalabi, s’est ouverte sur un ordre du jour particulièrement chargé, révélateur des enjeux structurants qui traversent la gestion territoriale de la wilaya en 2026.
Dans une atmosphère marquée par la convergence des préoccupations institutionnelles et des attentes citoyennes, les travaux ont réuni élus locaux, cadres de l’exécutif, responsables sectoriels et représentants de la société civile. Très vite, les débats ont mis en évidence la centralité de trois axes majeurs : la réorganisation du système de santé, la mobilisation du foncier public et la gestion des équilibres budgétaires locaux.
Au cœur des délibérations figure la révision de la délibération n°189 relative à l’affectation de l’hôpital Baudens au profit du groupe Sonatrach. Un dossier à forte portée organisationnelle qui s’inscrit dans une recomposition progressive de la carte sanitaire de la wilaya, avec des implications directes sur la répartition des infrastructures hospitalières.
Autre point structurant : l’ouverture d’une autorisation financière anticipée dans le cadre du budget 2026. Cette mesure vise à sécuriser la continuité des opérations prioritaires et à éviter tout ralentissement dans l’exécution des projets publics, dans un contexte marqué par la multiplication des chantiers et la pression sur les délais.
Enfin, les élus ont examiné l’attribution d’une assiette foncière relevant du domaine privé de la wilaya au profit du ministère de la Santé pour la réalisation d’une polyclinique à Oran. Ce nouvel équipement est appelé à renforcer l’offre de soins de proximité et à désengorger les structures hospitalières existantes.
Au-delà des aspects techniques, la session a donné lieu à une forte expression des préoccupations citoyennes. Les élus ont relayé les doléances issues des différentes communes, notamment dans les secteurs du logement, de l’éducation, des transports et de l’aménagement urbain. Le wali a insisté sur la nécessité d’un suivi rigoureux et d’une meilleure coordination intersectorielle.
Plage : des parasols gratuits pour réaffirmer l’accès public au littoral
Le wali d’Oran, Brahim Ouchene, a annoncé une nouvelle initiative visant à améliorer les conditions d’accueil sur les plages durant la saison estivale, à travers la mise à disposition gratuite de parasols, tables et chaises au profit des estivants.
Présentée lors des travaux de la session ordinaire de l’Assemblée populaire de wilaya (APW), cette opération sera conduite en partenariat avec des opérateurs économiques et industriels implantés dans la wilaya, notamment au niveau des zones industrielles. Les équipements seront installés sur plusieurs plages afin de garantir un meilleur confort aux vacanciers, tout en maintenant le principe de gratuité d’accès au littoral.
Le wali a rappelé avec fermeté que « la mer appartient à tous » et que l’accès aux plages constitue un droit garanti par l’État, à l’exception de certains établissements hôteliers disposant d’autorisations encadrées.
Dans le même temps, il a dénoncé certaines pratiques jugées abusives, notamment l’occupation illégale des parkings, la privatisation de portions du littoral et la facturation non réglementée. Ces dérives, qualifiées de « marchandisation des espaces publics », font l’objet d’une volonté de régulation renforcée.
L’initiative s’inscrit ainsi dans une démarche globale de réorganisation du littoral oranais et de lutte contre les pratiques informelles qui perturbent l’accès équitable aux plages.
Centre-ville d’Oran : lancement imminent d’une opération contre les remontées d’eaux souterraines
Les travaux de traitement des remontées d’eaux souterraines au centre-ville d’Oran débuteront la semaine prochaine, avec une intervention ciblant plusieurs points sensibles du tissu urbain ancien. L’opération vise en priorité la protection du bâtiment du Trésor public, situé en front de mer, menacé par des infiltrations récurrentes.
Selon la direction des ressources en eau, une étude technique a été finalisée et une enveloppe de 50 millions de dinars mobilisée sur le budget de la wilaya pour financer ce chantier jugé urgent. Le phénomène concerne également plusieurs caves et sous-sols d’immeubles du centre-ville, affectés depuis plusieurs années.
La responsable du secteur a expliqué que ces infiltrations sont dues à une perturbation de l’écoulement naturel des eaux souterraines, entraînant leur accumulation dans les fondations d’anciens bâtiments administratifs et résidentiels.
Une entreprise a déjà été retenue et le chantier installé dans le secteur situé en face du siège du consulat de France. Le démarrage effectif des travaux est attendu dès la délivrance de l’autorisation communale.
Parallèlement, les élus ont recommandé la réhabilitation du réseau d’assainissement et la reconversion de plusieurs terrains issus de démolitions en espaces verts afin d’améliorer le cadre urbain.
Hôpital du 1er Novembre : 45 ascenseurs à l’arrêt, un plan de remise en service engagé
La Direction de la santé et de la population d’Oran a confirmé que 45 ascenseurs sont actuellement hors service à l’hôpital universitaire 1er Novembre 1954, sur un total de 69 équipements. Une situation qui impacte directement le fonctionnement quotidien de l’établissement.
Selon les explications fournies, ces pannes sont liées à des contraintes de maintenance et à des difficultés d’approvisionnement en pièces de rechange conformes aux normes techniques. Seuls 24 ascenseurs sont actuellement opérationnels.
Pour y remédier, une première enveloppe de 2,8 millions de dinars a été mobilisée, complétée par un programme plus large estimé à 30 milliards de centimes. L’objectif est de procéder à une remise en état progressive des équipements.
Le wali d’Oran a, de son côté, insisté sur la nécessité de recourir à des entreprises spécialisées afin d’assurer une maintenance durable et d’éviter la répétition des pannes.
La direction de la santé a également annoncé l’ouverture prochaine des urgences de l’hôpital El Mohgoun, prévue pour le 5 juillet, ainsi que plusieurs opérations d’amélioration des infrastructures hospitalières.
Urbanisme à Bir El Djir : un projet immobilier annulé et une enquête ouverte
Le wali d’Oran, Brahim Ouchene, a décidé l’annulation d’un permis de construire relatif à un projet immobilier de 36 logements et locaux commerciaux situé à proximité de la mosquée Saad Ben Abi Ouakas, dans la commune de Bir El Djir.
Cette décision fait suite à des irrégularités constatées sur le terrain, notamment l’obstruction de l’accès principal au lieu de culte après des travaux de terrassement. Le projet a été jugé non conforme aux règles d’urbanisme en vigueur.
Lors de la session de l’APW, le chef de l’exécutif a annoncé la constitution d’un dossier complet afin d’examiner les conditions de délivrance du permis et d’identifier les responsabilités éventuelles.
Le wali a réaffirmé la fermeté des autorités locales en matière de contrôle urbain, rappelant que toute dérogation aux règles d’aménagement du territoire ne saurait être tolérée.
Il a également insisté sur l’interdiction stricte des permis modificatifs, notamment ceux impliquant des extensions ou ajouts d’étages en dehors du cadre réglementaire.
Éducation à Oran : plus de 300 chantiers pour absorber la pression scolaire
La wilaya d’Oran enregistre 303 infrastructures scolaires en cours de réalisation, dans le cadre d’un vaste programme visant à renforcer les capacités d’accueil du secteur de l’éducation.
Ces projets concernent les écoles primaires, collèges, lycées, cantines scolaires ainsi que des infrastructures sportives. Malgré cet effort important, la pression sur les établissements demeure élevée dans plusieurs zones urbaines.
Selon les données du secteur, certains établissements fonctionnent encore en double vacation, voire en triple vacation dans trois structures, en raison de la saturation des capacités existantes.
Le directeur de l’Éducation a indiqué que 78 établissements sont actuellement en chantier, dont 37 groupes scolaires, 25 collèges et 16 lycées. À cela s’ajoutent des dizaines de cantines et classes d’extension.
Les autorités assurent que la réception progressive de nouveaux établissements permettra de réduire la surcharge, notamment dans les zones de Kharouba, Hassi Bounif et Oued Tlélat.
Canastel : un projet de forêt de détente sous haute surveillance écologique
Le projet de forêt de détente de Canastel fait l’objet d’un suivi rapproché des autorités locales, le wali d’Oran, Brahim Ouchene, insistant sur la nécessité de préserver strictement le caractère forestier du site et son équilibre écologique.
S’exprimant en marge des travaux de la session de l’Assemblée populaire de wilaya (APW), le chef de l’exécutif a indiqué avoir effectué plusieurs visites sur le terrain afin de suivre l’avancement du projet, considéré comme un futur espace de respiration pour les habitants de la wilaya.
Le projet, confié à un investisseur privé, doit respecter un cahier des charges strict, notamment en matière de conservation du couvert végétal existant. Le choix de l’opérateur retenu a été effectué sur la base de critères liés à la préservation de l’écosystème forestier.
Des élus ont toutefois soulevé la question de la gestion des déchets issus de l’abattage d’arbres morts, encore présents sur le site. Cette situation a suscité des observations au sein de l’APW, appelant à une meilleure organisation des opérations de nettoyage et d’aménagement.
Le projet de Canastel est ainsi placé sous une double exigence : développement d’un espace de loisirs moderne et respect rigoureux de la vocation environnementale du site.
AADL 3 à Oran : la mobilisation du foncier s’accélère pour 55 000 logements
La wilaya d’Oran intensifie la recherche de foncier pour la réalisation du programme AADL 3, estimé à environ 55 000 logements, dans le cadre du dispositif national de vente par location.
Le wali Brahim Ouchene a indiqué que les efforts se poursuivent pour identifier de nouvelles assiettes foncières et les proposer aux autorités de tutelle, en particulier au ministère de l’Habitat, qui suit de près l’avancement du programme.
À ce jour, 13 000 logements sont déjà en cours de réalisation dans la wilaya, sans contraintes majeures liées au foncier, selon les précisions données lors de la session de l’APW.
Pour compléter le reste du programme, les autorités locales envisagent l’utilisation de terres agricoles à faible rendement, une option destinée à accélérer la disponibilité des terrains nécessaires.
Le wali a également annoncé que des opérations de terrain seront engagées dès la semaine prochaine afin de concrétiser ces orientations et d’accélérer la cadence de réalisation des projets.
Ce programme constitue l’un des principaux leviers de réponse à la demande croissante en logement dans la wilaya d’Oran.




