À quelques semaines des législatives du 2 juillet, la scène politique oranaise connaît une recomposition accélérée sous l’effet des décisions de l’Autorité nationale indépendante des élections. Rejets en série de candidatures, exclusion de députés sortants, recours limités, réajustements internes en urgence et repositionnement des partis redessinent déjà les équilibres de la future bataille électorale. Tandis que certaines formations tentent de sauver leurs listes dans des délais serrés, d’autres parviennent à franchir l’étape du contrôle sans encombre, dans un climat où la moralisation de la vie politique s’impose désormais comme l’un des enjeux majeurs du scrutin.*****
Par H. Nassira
La délégation de wilaya de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) à Oran a notifié aux formations politiques engagées dans les prochaines législatives le rejet d’environ soixante dossiers de candidature. Parmi les concernés figurent douze députés de la législature sortante, trois présidents d’assemblées populaires communales (APC), ainsi qu’un nombre conséquent d’élus locaux en exercice ou anciens élus, dont quatre membres de l’Assemblée populaire de wilaya. Plusieurs candidats issus du mouvement associatif, engagés pour la première fois dans une course électorale, ont également été écartés.
L’application stricte de l’article 200 de la loi électorale
Ces décisions ont mis fin à une période de suspense au sein des états-majors locaux des partis, dans l’attente des réponses de l’administration électorale. L’ANIE a motivé l’ensemble des rejets en se référant aux dispositions de l’article 200 de la loi électorale.
Selon les notifications adressées aux partis, certains dossiers ont été invalidés en raison de présomptions de liens avec des milieux d’affaires ou d’interférences jugées incompatibles avec les exigences d’intégrité du processus électoral. D’autres candidatures ont été rejetées pour des motifs liés à des tentatives d’influence directe ou indirecte sur le choix des électeurs ou sur le déroulement du processus, dans le cadre des mesures visant à renforcer la transparence et à moraliser la vie politique.
Les partis sommés de procéder au remplacement dans des délais contraints
Face à ces rejets, les formations politiques concernées sont désormais tenues de désigner des candidats de remplacement dans les délais légaux, afin de préserver la validité de leurs listes pour le scrutin législatif.
Le Rassemblement national démocratique (RND) est concerné par le rejet de neuf candidatures, tandis que le parti Tajamou Amel El Djazaïr (TAJ) en enregistre huit. Le Front de libération nationale (FLN) compte sept dossiers rejetés. Le Mouvement El Bina en totalise neuf, le Mouvement de la société pour la paix (MSP) huit, le Front El Moustakbal huit également, et le Mouvement populaire algérien six.
Cette situation impose aux partis une recomposition rapide de leurs listes et des arbitrages internes parfois délicats, entre figures expérimentées et nouveaux profils. Plusieurs formations privilégient désormais l’intégration de candidats de substitution issus de nouvelles générations politiques ou du tissu local, après la remise en cause de certains choix initialement fondés sur des considérations de popularité.
Trois recours seulement déposés devant la juridiction administrative
Sur l’ensemble des candidats rejetés, seuls trois membres du Mouvement de la société pour la paix ont introduit un recours devant la juridiction administrative. Il s’agit d’un député sortant, du président de l’APC d’Es-senia, ainsi que d’un militant associatif.
Ces rejets interviennent à l’issue d’enquêtes approfondies menées sur les listes de candidature, ayant également concerné des responsables politiques occupant des fonctions de premier plan au sein de leurs partis, notamment des élus, des députés, ainsi que des cadres en charge de structures locales et de coordination.
Au-delà de leur portée administrative, ces décisions ont suscité de nombreuses réactions dans le paysage politique local, alimentant le débat sur l’application de la loi électorale et ses récentes révisions. Certains y voient une étape supplémentaire dans le processus de moralisation de la vie politique, tandis que d’autres estiment que les partis ont parfois privilégié des profils jugés populaires sans anticipation suffisante des critères d’éligibilité.
Dans le même temps, plusieurs candidatures ont été validées, notamment au sein des assemblées élues d’Oran et d’Arzew. À noter que l’ensemble des listes présentées par le Parti des travailleurs a été accepté.




