S Hadjar
Dans la wilaya d’Oran, le dossier sensible du vieux quartier de Sidi El Houari entre dans une phase plus opérationnelle, marquée par une montée en puissance des mesures de sécurisation et de traitement des constructions fragilisées. Au-delà des intentions de sauvegarde patrimoniale, les autorités locales se concentrent désormais sur une réalité plus pressante : la vulnérabilité d’un tissu urbain ancien où cohabitent mémoire historique et risques structurels.
Le dispositif récemment engagé par les services de la wilaya s’articule autour d’une priorité clairement affichée, celle de réduire les dangers liés aux bâtiments menaçant ruine. Dans plusieurs secteurs du quartier, les habitations anciennes présentent des signes avancés de dégradation, nécessitant des interventions urgentes afin d’éviter tout risque d’effondrement et de protéger les résidents encore présents dans ces zones sensibles.
Cette nouvelle phase du projet s’inscrit dans le cadre du plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur du secteur sauvegardé. Mais sur le terrain, l’enjeu dépasse la seule restauration architecturale. Il s’agit également d’une opération de gestion de crise urbaine, où la sécurité des habitants devient un axe central des décisions prises par les autorités.
Un diagnostic technique au cœur de la stratégie d’intervention
Pour accompagner cette dynamique, une commission spéciale est en cours de mise en place. Sa mission ne se limite pas à un rôle administratif. Elle devra assurer un suivi quotidien de l’avancement des opérations, coordonner les interventions techniques et harmoniser les actions des différents organismes concernés. L’objectif affiché est d’éviter les lenteurs habituelles dans ce type de projets complexes et d’apporter des réponses rapides aux situations jugées prioritaires.
Les premières orientations données lors d’une récente réunion de suivi ont mis en avant la nécessité d’un travail de terrain précis, basé sur un diagnostic détaillé de l’état des constructions. Le classement des bâtiments selon leur niveau de dangerosité constitue l’une des étapes clés du dispositif. Cette approche doit permettre de définir un ordre d’intervention clair, en concentrant les efforts sur les structures les plus à risque.
Dans ce contexte, les autorités locales insistent sur une méthode de travail intégrée, combinant expertise technique, coordination institutionnelle et vision urbaine à long terme. L’enjeu est double : éviter les situations d’urgence liées aux effondrements potentiels et préserver ce qui peut encore l’être du patrimoine bâti du quartier.
Sidi El Houari, considéré comme l’un des cœurs historiques d’Oran, reste en effet un espace à forte valeur architecturale et symbolique. Mais cette richesse est aujourd’hui fragilisée par des décennies de vieillissement du bâti, de manque d’entretien et de transformations non encadrées. D’où la nécessité, selon les responsables du dossier, de concilier impératif de sécurité et ambition de réhabilitation.
Au-delà des interventions techniques, le projet vise également une relecture globale du rôle du quartier dans la dynamique urbaine de la ville. La réhabilitation de Sidi El Houari est pensée comme un levier de revitalisation, susceptible de redonner une attractivité économique et touristique à cette partie ancienne d’Oran.
Le dossier, qui a déjà franchi plusieurs étapes d’étude, notamment avec la présentation récente d’une phase avancée au niveau des instances concernées, entre ainsi dans une étape où les choix techniques devront progressivement se traduire en actions concrètes sur le terrain. Une phase décisive pour un quartier où chaque bâtiment fragilisé devient à la fois un enjeu de sécurité et un fragment d’histoire à préserver.




