M. B
L’Université d’Oran 1 Ahmed Ben Bella a accueilli, dimanche, une rencontre scientifique consacrée à l’histoire sanitaire de l’Algérie coloniale et au rôle des premières femmes médecins algériennes dans la guerre de Libération nationale. Organisée à la bibliothèque des sciences sociales de la faculté des sciences sociales, au campus IGMO, cette manifestation a réuni universitaires, chercheurs et étudiants autour de deux conférences mettant en perspective mémoire, engagement national et lecture critique de l’historiographie coloniale.
La première intervention, animée par la professeure Yamina Medjahed du département d’histoire et d’archéologie de l’Université d’Oran 1, a porté sur les premières femmes médecins de la Révolution algérienne, notamment Aldjia Noureddine Benallag, Nafissa Hamoud et Nadia Jeanine Belkhodja. L’étude s’est intéressée non seulement à leurs parcours académiques et professionnels, mais également aux défis qu’elles ont dû affronter pour accéder aux facultés de médecine sous l’administration coloniale française.
La conférencière a mis en lumière la manière dont ces pionnières ont réussi à briser les barrières sociales et administratives imposées à l’époque, avant de rejoindre les rangs de la Révolution. Leur engagement au sein des structures sanitaires de l’Armée de libération nationale, dans des conditions particulièrement difficiles, a contribué à l’organisation des soins, à la formation des cadres de santé et au fonctionnement des centres médicaux installés dans les maquis.
Cette contribution féminine, longtemps peu documentée, illustre l’imbrication entre pratique médicale et lutte de libération nationale, dans un contexte marqué par le manque de moyens et la pression de l’occupation coloniale.
La seconde conférence a été animée par le docteur Reffas Mohamed, médecin généraliste et docteur en histoire à l’Université de Sidi Bel Abbès, à l’occasion de la présentation de son ouvrage intitulé « Véracité de l’œuvre sanitaire française en Algérie : l’Oranie comme cas d’étude ».
À travers une approche médico-statistique fondée sur l’analyse d’archives et d’annuaires statistiques de l’époque coloniale, l’auteur propose une lecture critique du discours colonial présentant l’action sanitaire française comme une “mission civilisatrice”. Son travail met en évidence les écarts entre les discours officiels et les réalités sanitaires vécues par la population algérienne durant la période coloniale.
Les participants ont souligné l’importance de ce type de rencontres scientifiques dans la préservation de la mémoire nationale et la valorisation des contributions intellectuelles et humaines des Algériens durant la Révolution, notamment celles des femmes ayant investi le domaine médical au service de la cause nationale.




