I. Yacine

Une expérience de culture du Ginkgo biloba a été lancée au niveau de la pépinière administrative de la Conservation des forêts de Mascara dans le cadre d’une démarche visant à diversifier les espèces végétales et à enrichir le patrimoine paysager de la wilaya. Cette initiative s’inscrit dans une approche fondée sur l’expérimentation scientifique avant toute éventuelle intégration de cette essence dans les programmes de plantation à plus grande échelle. Le projet a été présenté à l’occasion d’une rencontre réunissant le conservateur des forêts, Othmane Sadat, des cadres du secteur ainsi que l’enseignant universitaire Messaïli Boumelik. Les échanges ont porté sur les caractéristiques biologiques de cette espèce, les techniques de production des plants et les différentes étapes nécessaires à sa multiplication, depuis la graine jusqu’à l’obtention d’un jeune arbre prêt à être mis en terre. Originaire de Chine, le Ginkgo biloba figure parmi les espèces végétales les plus anciennes encore présentes sur la planète. Les spécialistes estiment que ses origines remontent à plus de 200 millions d’années, ce qui lui a valu le surnom de «fossile vivant». Sa longévité exceptionnelle et sa capacité à traverser les grandes périodes de l’histoire naturelle en font un sujet d’intérêt pour les chercheurs et les gestionnaires des espaces verts. Au fil des siècles, cette espèce s’est progressivement répandue dans plusieurs régions du monde. Son adaptation à des conditions environnementales variées a favorisé son introduction dans de nombreuses villes où elle est utilisée à des fins ornementales. Certains de ces arbres peuvent vivre plusieurs centaines d’années, voire dépasser le millénaire dans des conditions favorables. Le Ginkgo biloba est particulièrement apprécié pour son feuillage caractéristique. Ses feuilles en forme d’éventail prennent à l’automne une teinte jaune dorée qui contribue à l’esthétique des jardins, des parcs et des alignements urbains. Au-delà de son aspect décoratif, l’espèce est reconnue pour sa résistance à plusieurs maladies végétales ainsi qu’à différentes formes de pollution atmosphérique, ce qui explique son utilisation dans de nombreux programmes de végétalisation des espaces urbains. L’expérimentation engagée par la Conservation des forêts vise désormais à évaluer le comportement de cette essence dans les conditions locales. Les observations porteront notamment sur les taux de germination, la croissance des jeunes plants, leur adaptation au climat ainsi que leur résistance aux contraintes environnementales propres à la région. Les résultats obtenus permettront de déterminer l’opportunité d’étendre ou non son utilisation dans les futurs projets de plantation. Cette démarche illustre également le rôle de la coopération entre les établissements universitaires et les institutions techniques. Le transfert de connaissances scientifiques vers des applications concrètes constitue un levier pour développer de nouvelles solutions en matière de gestion environnementale et d’aménagement des espaces verts. À ce stade, il s’agit avant tout d’une phase d’essai destinée à mesurer le potentiel réel du Ginkgo biloba dans le contexte local. Quelle que soit son issue, cette expérience apporte de nouvelles données sur les possibilités de diversification du couvert végétal et témoigne d’un intérêt croissant pour l’introduction raisonnée d’espèces susceptibles d’enrichir le paysage naturel et urbain de la wilaya.