Habib Benaouda
La commune d’Oran aborde la prochaine rentrée sociale dans un climat administratif particulièrement délicat. Fragilisée par une série de suspensions d’élus, de cessations de fonctions et d’absences prolongées, l’Assemblée populaire communale (APC) est confrontée à une vacance inédite de plusieurs postes stratégiques. Cette situation place le nouveau président de l’APC, Ben Ali Ben Youcef, devant un chantier prioritaire : reconstituer un exécutif opérationnel afin de préserver la continuité du service public et d’éviter tout dysfonctionnement de l’administration communale.
Un exécutif communal fortement amputé
Selon des informations recueillies auprès d’une source communale bien informée, l’exécutif de la commune d’Oran fonctionne actuellement avec un effectif considérablement réduit. Cinq élus locaux, dont un vice-président de l’APC, trois délégués communaux et un président de commission, ont été suspendus en application des dispositions de l’article 43 de la loi n°11-10 relative à la commune. Ce texte prévoit la suspension des élus faisant l’objet de poursuites judiciaires pour certaines infractions jusqu’au prononcé de décisions définitives par la justice.
À cette situation s’ajoute l’absence prolongée d’un autre élu, actuellement établi en France, compliquant davantage la gestion quotidienne des affaires communales. Plus récemment, le wali d’Oran a également prononcé la suspension d’un élu en vertu de l’article 100 de la même loi, dans le cadre du pouvoir de substitution qui lui est reconnu afin de garantir le fonctionnement régulier du service public lorsque les circonstances l’exigent. Parallèlement, un délégué communal a été déchargé de sa permanence tandis qu’un autre a été relevé de ses fonctions, accentuant davantage les difficultés de fonctionnement de l’exécutif communal.
Le défi de la continuité du service public
Les conséquences de cette recomposition forcée se font déjà ressentir au niveau des délégations communales, premier guichet de proximité pour les citoyens. Ces structures sont appelées à traiter quotidiennement un volume important de dossiers liés à l’état civil, à la propreté urbaine, à l’éclairage public, à l’aménagement des quartiers, à l’urbanisme ainsi qu’aux multiples prestations administratives destinées aux habitants.
Face à cette situation, une profonde réorganisation interne apparaît désormais inévitable. En vertu des prérogatives que lui confère la loi sur la commune, le nouveau maire devrait être amené à redistribuer les responsabilités et à confier à certains élus la gestion simultanée de plusieurs délégations ou secteurs afin d’assurer la continuité du service public, principe fondamental consacré par le droit administratif algérien.
La tâche s’annonce toutefois particulièrement complexe. Selon plusieurs sources concordantes, certains élus hésiteraient à accepter de nouvelles responsabilités exécutives à quelques mois de la fin du mandat électif. Cette réticence pourrait contraindre le président de l’APC à privilégier une démarche fondée sur le consensus pour recomposer son équipe et rétablir un fonctionnement normal des institutions communales.
À l’approche de la rentrée sociale, l’enjeu dépasse désormais la seule organisation interne de la mairie. Il s’agit avant tout d’assurer la stabilité de la gestion communale et de préserver la qualité des services rendus aux milliers de citoyens qui sollicitent quotidiennement les différentes structures de la commune. Car tout retard dans le comblement des postes vacants risque d’accentuer les tensions organisationnelles et d’affecter directement l’efficacité de l’administration communale.




