Le Maroc, un danger que l’Europe ne voit pas !

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Wassila. B

Une fois de plus, le Makhzen a joué la carte de la déstabilisation aux portes de l’Europe, et une fois de plus, il s’en sortira indemne. L’afflux massif de migrants vers l’enclave espagnole de Ceuta, orchestré de manière évidente par Rabat, n’est pas un accident migratoire, mais une opération de chantage d’État. Pourtant, les capitales européennes, au lieu de désigner le véritable responsable, s’ingénient à chercher des coupables alternatifs, quand elles ne pointent pas du doigt l’Algérie, bouc émissaire commode d’une extrême droite qui n’a que faire des faits. Ce deux poids, deux mesures, aussi flagrant que honteux, révèle la complaisance d’une Europe qui préfère ménager un instrument des sionistes plutôt que de défendre ses propres frontières et ses valeurs.

Les motivations de ce nouveau chantage sont multiples, mais toutes convergent vers une même logique de pouvoir. Rabat réagit lâchement d’abord au rapprochement entre Madrid et Alger, en rappelant à l’Espagne que sa sécurité dépend du bon vouloir marocain. Mais l’hypothèse d’une manœuvre commanditée par l’entité sioniste n’est pas à exclure, tant le gouvernement espagnol, par sa position pro-palestinienne, dérange les puissances qui voient dans le détroit de Gibraltar un enjeu stratégique. En instrumentalisant des milliers de vies humaines comme des pions, le Maroc sert des intérêts qui le dépassent, tout en consolidant son emprise sur le dossier du Sahara occidental, pour lequel il a déjà obtenu des concessions européennes par le même chantage en 2022.

Pendant ce temps, l’Europe couvre le Maroc. Les réactions des dirigeants italiens et français, qui suspendent Schengen ou rétablissent des contrôles aux frontières sans jamais critiquer Rabat, montrent à quel point le régime marocain bénéficie d’une immunité. On accuse Madrid d’avoir créé un « appel d’air » par sa politique migratoire humaine, on insinue que les migrants seraient en réalité des Algériens, une rumeur absurde que même les chaînes de Bolloré relaient sans vergogne. Mais jamais un mot sur les défaillances graves du contrôle frontalier marocain, jamais une sanction pour l’espionnage de dirigeants étrangers, la corruption de députés européens ou les violations endémiques des droits humains. Le Maroc peut tout se permettre, car il est protégé par l’entité sioniste.

Cette indulgence coupable ne fait qu’encourager le Makhzen à poursuivre ses provocations, tandis que l’Europe s’enfonce dans une schizophrénie politique : d’un côté, elle ferme ses frontières aux plus démunis ; de l’autre, elle ferme les yeux sur le vrai maître du jeu. Si c’était l’Algérie qui avait orchestré une telle opération, les sanctions pleuvraient et les éditoriaux condamneraient avec virulence ce qu’ils qualifieraient de « guerre hybride ». Mais pour le Maroc, le traitement est clément, car il est l’allié utile contre l’immigration « subsaharienne » et le gardien supposé des routes maritimes. L’Europe paie aujourd’hui le prix de son cynisme : en laissant le chantage migratoire s’installer comme une pratique normale, elle a perdu toute crédibilité morale et toute capacité à dicter ses règles. Et tant que ce deux poids, deux mesures persistera, le Maroc continuera, sans risque, à jouer avec le feu aux portes du continent.