I. Yacine

Les nuisances sonores provoquées par les motos et les voitures ne relèvent plus de situations isolées dans certains quartiers de la wilaya de Mascara. Selon plusieurs témoignages de riverains, elles sont devenues récurrentes et se prolongent parfois jusqu’à des heures avancées de la nuit. Les enfants en bas âge, les personnes âgées et les malades figurent parmi les premiers à en subir les conséquences, notamment lorsque ces nuisances surviennent aux heures normalement consacrées au repos. Dans plusieurs quartiers, le passage occasionnel d’une moto a laissé place à des déplacements répétés de motos de grosse cylindrée, aussi bien durant la journée qu’en soirée. Le problème devient particulièrement sensible après minuit. Des habitants font état de passages bruyants et répétés, parfois vers une ou deux heures du matin, avec des accélérations qui résonnent dans les rues et compliquent le sommeil des familles vivant à proximité. Le phénomène prend également une autre dimension lors de certaines fêtes de mariage. Selon des témoignages recueillis auprès de riverains, des propriétaires de grosses motos sont parfois sollicités pour participer aux cortèges et contribuer à l’animation de ces rassemblements. Les défilés de motos s’accompagnent alors de vrombissements particulièrement forts et, dans certains cas, de manœuvres ou de conduites rapides qui suscitent également des inquiétudes liées à la sécurité des autres usagers de la route et des piétons. Les petites cylindrées ne sont pas en reste. Dans plusieurs communes, leur circulation constitue également une source quotidienne de nuisances, notamment lorsque le silencieux du système d’échappement est volontairement retiré. Le bruit produit par ces motos devient alors nettement plus élevé que celui d’un véhicule équipé normalement. La nuisance est encore plus perceptible la nuit, lorsque la circulation diminue et que le moindre bruit se propage davantage dans les zones résidentielles. À ces nuisances s’ajoutent celles provoquées par certains automobilistes. Musique diffusée à un volume élevé, accélérations, conduite rapide et manœuvres dans les quartiers tard dans la nuit sont régulièrement signalées par des habitants. En été, la situation est d’autant plus difficile à supporter que les fenêtres restent ouvertes en raison des températures élevées, exposant directement les familles aux bruits provenant de la rue. Pour les riverains, la question n’est pas de remettre en cause l’utilisation des motos ou des voitures, mais de faire respecter les règles permettant de préserver la tranquillité des quartiers. Ils demandent ainsi une intervention plus régulière des services compétents et des mesures capables de limiter les comportements générateurs de nuisances. Certaines wilayas ont déjà commencé à prendre des dispositions. À Alger, des instructions prévoient notamment l’interdiction de la circulation des motos de plus de 125 cm³ durant la période estivale, entre 22 h et 6 h, afin de réduire les nuisances nocturnes et de répondre aux plaintes des habitants. Cette mesure remet au centre du débat la nécessité d’un encadrement de la circulation des motos dans les zones résidentielles, en recherchant un équilibre entre le droit de circuler et celui des habitants à bénéficier d’un environnement calme durant la nuit.