Habib Benouda

La qualité de l’eau commercialisée par citernes suscite de plus en plus d’interrogations à Oran. Si le recours à ces approvisionnements répond, dans certaines zones, à un besoin réel des ménages, des citoyens s’inquiètent aujourd’hui des conditions dans lesquelles cette eau est stockée et transportée, notamment lorsque les réservoirs utilisés ne présentent pas toutes les garanties requises pour un usage alimentaire.

Au centre des préoccupations figurent certains réservoirs en plastique dont la conformité sanitaire est mise en doute. Des citoyens affirment notamment avoir constaté l’utilisation de contenants qui auraient auparavant servi au stockage de produits chimiques. Des allégations qui, si elles venaient à être confirmées, soulèveraient de sérieuses questions sur les conditions de réutilisation de ces équipements et sur le risque éventuel de présence de résidus susceptibles d’altérer la qualité de l’eau.

Pour les habitants qui interpellent les services concernés, le contrôle ne devrait donc pas se limiter à l’origine de l’eau transportée. Ils réclament également que les citernes elles-mêmes soient soumises à des vérifications et, lorsque cela s’avère nécessaire, à des analyses permettant de déterminer leur conformité aux exigences sanitaires applicables au stockage et au transport de l’eau destinée à la consommation humaine.

Cette question renvoie plus largement à l’encadrement d’une activité dont le développement dans plusieurs secteurs de la wilaya appelle, selon les citoyens, un dispositif de contrôle plus structuré. Ils préconisent notamment l’identification des opérateurs autorisés, la délivrance de documents professionnels et la mise en place de contrôles sanitaires réguliers. Le nettoyage et la désinfection périodiques des citernes, ainsi que la vérification de l’état des réservoirs et des équipements de transport, figurent également parmi les mesures réclamées.

Des témoignages font état, à ce propos, de citernes présentant parfois des dépôts, des salissures ou des traces de corrosion. Là encore, ces constats nécessitent d’être vérifiés sur le terrain, mais ils alimentent les préoccupations des consommateurs quant aux conditions d’hygiène dans lesquelles l’eau peut être acheminée jusqu’aux foyers.

Autre point de vigilance : l’origine de l’eau elle-même. Certaines sources du secteur de la santé évoquent des interrogations concernant des puits auxquels pourraient recourir certains opérateurs. La question de la qualité de ces ressources, de leur entretien, de leur désinfection et de leur contrôle régulier apparaît dès lors comme un élément essentiel de la chaîne sanitaire.

Car au-delà des conditions de transport et de stockage, c’est la sécurité du consommateur qui est directement en jeu. Une eau contaminée et destinée à être consommée sans traitement approprié peut constituer un vecteur de transmission de plusieurs maladies hydriques, notamment des infections intestinales et certaines hépatites virales.

Dans ce contexte, les demandes exprimées par les citoyens portent moins sur la remise en cause de l’activité elle-même que sur la nécessité de garantir son exercice dans des conditions transparentes et conformes aux exigences sanitaires. Des contrôles réguliers de l’eau, des puits et des citernes, associés à une identification claire des opérateurs et à la mise à l’écart des équipements ne répondant pas aux normes, permettraient de rassurer les consommateurs et de prévenir d’éventuels risques sanitaires.

À Oran, où l’eau transportée par citernes peut constituer une solution d’appoint pour de nombreux ménages, la question est désormais de savoir si chaque maillon de cette chaîne — de la source au réservoir, puis du réservoir au consommateur — offre les mêmes garanties de qualité et de sécurité. Une vigilance renforcée apparaît, à cet égard, comme un enjeu de santé publique autant qu’une exigence de protection du consommateur.